Prix L’Oréal-UNESCO For Women in Science 2026 : cinq chercheuses d’exception honorées

Vingt-huit ans après sa création, le prix international L’Oréal-UNESCO For Women in Science reste l’une des distinctions les plus prestigieuses pour récompenser les femmes scientifiques. L’édition 2026 honore cinq lauréates, une par grande région du monde, dont les travaux s’attaquent aux grands défis sanitaires et environnementaux de la planète : ingénierie tissulaire, cartographie cellulaire du corps humain, agriculture résistante à la sécheresse, santé du cœur de l’enfant et psychiatrie nutritionnelle. Chacune recevra une dotation de 100 000 euros pour poursuivre ses recherches. Tour d’horizon factuel de cette édition, du fonctionnement du prix et de l’enjeu qu’il porte : la place encore trop rare des femmes dans la science.

Le prix L’Oréal-UNESCO « Pour les femmes et la science » #

Créé en 1998 par la Fondation L’Oréal et l’UNESCO, le programme For Women in Science poursuit un objectif simple à énoncer mais difficile à atteindre : donner aux femmes scientifiques la visibilité et la reconnaissance que leurs travaux méritent, et inspirer des vocations. Le prix international, sa distinction la plus emblématique, récompense chaque année cinq chercheuses de renommée mondiale, une pour chacune des cinq grandes régions : Afrique et États arabes, Asie-Pacifique, Europe, Amérique latine et Caraïbes, Amérique du Nord. Le prix alterne chaque année entre deux grands domaines : les sciences de la vie et de l’environnement les années paires, les sciences physiques, les mathématiques et l’informatique les années impaires. L’édition 2026 relève donc des sciences de la vie et de l’environnement. Chaque lauréate reçoit une dotation de 100 000 euros, destinée à soutenir la poursuite de ses recherches.

L’édition 2026 : 504 candidatures, 89 pays #

L’édition 2026 marque les 28 ans du programme. Les cinq lauréates ont été sélectionnées parmi un nombre record de 504 candidatures représentant 89 pays. Le choix final revient à un jury international indépendant, présidé cette année par la professeure Brigitte L. Kieffer, directrice de recherche émérite à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), en France. La sélection 2026 met en avant des travaux qui répondent directement à des enjeux mondiaux de santé et d’environnement : de l’ingénierie tissulaire à la génomique cellulaire, en passant par l’innovation agricole et l’impact de l’alimentation sur la santé mentale. La cérémonie de remise se tiendra le 11 juin 2026 au siège de l’UNESCO, à Paris. Le mode de désignation, une lauréate par grande région du monde, n’a rien d’anecdotique. Il vise à garantir que la reconnaissance scientifique au plus haut niveau ne se concentre pas dans une poignée de pays riches, mais reflète l’excellence partout où elle se trouve, y compris dans des contextes de recherche aux moyens plus contraints. Cette répartition géographique fait du prix l’un des rares à offrir une photographie réellement mondiale de la recherche menée par des femmes. Le jury, composé de scientifiques de premier plan, évalue à la fois la qualité des travaux, leur originalité et leur portée pour la société.
5
lauréates 2026
504
candidatures
89
pays représentés
Source : UNESCO et Fondation L’Oréal, édition 2026.

Les cinq lauréates 2026 #

Les cinq scientifiques distinguées cette année couvrent un spectre large des sciences de la vie et de l’environnement. Voici, région par région, qui elles sont et pourquoi leurs travaux ont retenu l’attention du jury.
01

Pr Gordana Vunjak-Novakovic

Amérique du Nord — Columbia University (États-Unis). Pionnière de l’ingénierie tissulaire et de la médecine régénérative, notamment des « organes sur puce » (organs-on-a-chip).
02

Pr Sarah A. Teichmann

Europe — University of Cambridge (Royaume-Uni). Spécialiste de la biologie cellulaire et de la génomique, elle cartographie le corps humain à l’échelle de la cellule unique.
03

Pr Raquel Lia Chan

Amérique latine et Caraïbes — CONICET / Université nationale du Littoral (Argentine). Biotechnologie végétale : variétés de blé, maïs, riz et soja plus tolérantes à la sécheresse.
04

Pr Liesl Zühlke

Afrique et États arabes — University of Cape Town (Afrique du Sud). Recherche sur les maladies cardiovasculaires de l’enfant, en particulier la cardiopathie rhumatismale.
05

Pr Felice Jacka

Asie-Pacifique — Deakin University (Australie). Fondatrice de la psychiatrie nutritionnelle, qui étudie l’influence de l’alimentation sur le cerveau et la santé mentale.

Repères : le prix en chiffres #

Repère Donnée
Création du programme1998 (Fondation L’Oréal & UNESCO)
Édition 202628e anniversaire, sciences de la vie et de l’environnement
Lauréates 20265 (une par grande région du monde)
Dotation100 000 € par lauréate
Candidatures 2026504, issues de 89 pays
Cérémonie11 juin 2026, siège de l’UNESCO, Paris
Bilan depuis 1998Plus de 5 000 chercheuses soutenues dans 140+ pays ; 7 lauréates ensuite prix Nobel
Sources : UNESCO et Fondation L’Oréal.

L’enjeu : les femmes encore minoritaires dans la science #

Derrière la cérémonie se joue un enjeu de fond. Au niveau mondial, les femmes restent minoritaires parmi les chercheurs, et plus encore aux postes les plus visibles : directions de laboratoire, chaires, comités scientifiques, prix de premier plan. La sous-représentation s’accentue à mesure que l’on monte dans la hiérarchie académique, un phénomène souvent décrit comme un « plafond de verre » de la recherche. C’est précisément ce que le prix entend faire bouger : en braquant les projecteurs sur des chercheuses dont les travaux ont un impact concret, il offre des modèles identifiables et contribue à normaliser la présence des femmes au plus haut niveau scientifique. Les domaines distingués cette année le rappellent : qu’il s’agisse de réparer un cœur d’enfant, de cultiver dans des terres frappées par la sécheresse, de comprendre l’effet de l’alimentation sur le cerveau, de fabriquer des tissus humains en laboratoire ou de cartographier nos cellules une à une, ce sont des recherches qui touchent directement la vie quotidienne de millions de personnes. Ce déséquilibre commence tôt. Dans de nombreux pays, les filles sont aussi performantes que les garçons en sciences à l’école, mais s’orientent moins vers les filières scientifiques et techniques à l’université, puis quittent davantage la recherche au fil de la carrière. Les causes sont multiples : stéréotypes, manque de modèles féminins visibles, difficultés à concilier les exigences de la recherche avec la vie personnelle, biais dans l’attribution des financements et des postes. En valorisant des parcours accomplis, le prix agit sur l’un de ces leviers, la visibilité, tout en finançant en parallèle de jeunes chercheuses pour agir en amont.
«
Le monde a besoin de la science, et la science a besoin des femmes.
— Devise historique du programme For Women in Science
Le bilan du programme illustre cette ambition sur le long terme. Depuis 1998, il a soutenu plus de 5 000 chercheuses dans plus de 140 pays et territoires, et compte 142 lauréates du prix international, dont sept ont par la suite reçu un prix Nobel. Un signal envoyé aux jeunes filles hésitant à s’engager dans une carrière scientifique : les portes du plus haut niveau leur sont ouvertes.

Questions fréquentes #

Quand et où se tient la cérémonie 2026 ? +
La cérémonie de remise des prix internationaux 2026 a lieu le 11 juin 2026 au siège de l’UNESCO, à Paris. Les cinq lauréates y sont honorées pour leurs contributions aux sciences de la vie et de l’environnement.
Combien de lauréates sont récompensées et selon quelle logique ? +
Cinq lauréates sont distinguées chaque année, une pour chacune des cinq grandes régions : Afrique et États arabes, Asie-Pacifique, Europe, Amérique latine et Caraïbes, Amérique du Nord.
Quel est le montant de la dotation ? +
Chaque lauréate du prix international reçoit une dotation de 100 000 euros pour soutenir la poursuite de ses recherches.
Pourquoi l’édition 2026 porte-t-elle sur les sciences de la vie ? +
Le prix alterne chaque année : sciences de la vie et de l’environnement les années paires, sciences physiques, mathématiques et informatique les années impaires. 2026 étant une année paire, l’édition concerne les sciences de la vie et de l’environnement.
Quel est l’objectif de ce prix ? +
Donner aux femmes scientifiques la visibilité et la reconnaissance que leurs travaux méritent, lutter contre leur sous-représentation aux plus hauts niveaux de la recherche, et inspirer de nouvelles vocations. Depuis 1998, le programme a soutenu plus de 5 000 chercheuses dans plus de 140 pays.

Sources : UNESCO, Fondation L’Oréal et presse. Article mis à jour régulièrement.

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