Le Parlement hongrois a adopté le 13 juillet 2026, lors d’une session extraordinaire, un 17e amendement constitutionnel — par 139 voix contre 6 — qui prévoit la fin du mandat du président Tamas Sulyok, proche de Viktor Orban. Le Premier ministre Peter Magyar a laissé au chef de l’État cinq jours, soit jusqu’aux environs du 18 juillet, pour démissionner ou signer le texte, faute de quoi une procédure d’éviction serait engagée. Le scrutin a été boycotté par le Fidesz, le parti de Viktor Orban, écarté du pouvoir depuis les législatives d’avril 2026.
La révision, présentée par la majorité comme un texte de « remise à niveau » des institutions, marque une nouvelle étape dans la reprise en main de l’État par le parti Tisza de Peter Magyar, arrivé au pouvoir au printemps après seize ans de domination du Fidesz. La fonction présidentielle est, en Hongrie, largement protocolaire : le chef de l’État est élu par le Parlement et dispose de pouvoirs limités, essentiellement de représentation et de promulgation.
Ce que prévoit le 17e amendement constitutionnel #
Le texte adopté prévoit la fin du mandat de Tamas Sulyok dès le lendemain de son entrée en vigueur. Le Parlement doit ensuite élire un nouveau chef de l’État, pour une durée maximale de cinq ans, dans l’attente de l’adoption d’une nouvelle Loi fondamentale. Le parti Tisza de Peter Magyar disposant de la majorité des deux tiers des 199 sièges de l’Assemblée, il détient le verrou constitutionnel nécessaire à la fois pour modifier la Loi fondamentale et pour désigner le futur président.
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L’amendement ne se limite pas à la présidence. Selon les éléments rapportés par plusieurs médias internationaux, le paquet vise également Peter Polt, chef de la Cour constitutionnelle, instaure des limites de mandat rétroactives pour les députés, confère un statut constitutionnel à une agence anticorruption, et engage une refonte de la Cour constitutionnelle, de la justice et des mécanismes de contrôle budgétaire.
Un ultimatum de cinq jours au chef de l’État #
Après le vote du 13 juillet, Peter Magyar a indiqué que Tamas Sulyok disposait de cinq jours pour signer la réforme ou quitter volontairement ses fonctions, à défaut de quoi une procédure d’éviction serait lancée. Ce délai arrivait à échéance autour du 18 juillet 2026. À ce stade, l’issue exacte — démission du président, signature du texte ou déclenchement de la procédure prévue par l’amendement — n’était pas encore confirmée et restait à préciser.
Des critiques d’ONG, un boycott du Fidesz #
La révision a suscité des réactions immédiates. Amnesty International a rappelé que Tamas Sulyok avait droit à une procédure équitable. Human Rights Watch a jugé ces ajustements constitutionnels comparables à des pratiques observées durant l’ère Fidesz. De son côté, le parti de Viktor Orban a boycotté le vote et appelé à « résister » à la réforme, dénonçant une reprise en main institutionnelle par la nouvelle majorité.
Le contexte : l’alternance d’avril 2026 #
Ce bras de fer institutionnel s’inscrit dans le prolongement des élections législatives d’avril 2026, remportées largement par le parti Tisza de Peter Magyar, dirigeant conservateur pro-européen. Cette victoire a mis fin à seize années de pouvoir ininterrompu du Fidesz de Viktor Orban. Tamas Sulyok, élu à la présidence sous la précédente majorité, se retrouve depuis en porte-à-faux avec la nouvelle Assemblée, qui entend remodeler en profondeur l’architecture constitutionnelle du pays.
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Les dates clés #
| Date | Événement |
|---|---|
| Avril 2026 | Législatives : victoire écrasante du parti Tisza de Peter Magyar, fin de 16 ans de pouvoir du Fidesz d’Orban |
| 13 juillet 2026 | Vote du 17e amendement constitutionnel (139 voix contre 6), boycotté par le Fidesz |
| ~18 juillet 2026 | Fin du délai de cinq jours laissé à Tamas Sulyok pour démissionner ou signer le texte |
Questions fréquentes #
Qui est Tamas Sulyok, le président hongrois visé ?
Tamas Sulyok est le président de la Hongrie, une fonction largement protocolaire dans le pays, où le chef de l’État est élu par le Parlement. Proche de Viktor Orban, il a été élu sous la précédente majorité Fidesz. Son mandat est visé par le 17e amendement constitutionnel adopté le 13 juillet 2026.
Que prévoit le 17e amendement constitutionnel hongrois ?
Adopté le 13 juillet 2026 par 139 voix contre 6, il prévoit la fin du mandat du président Tamas Sulyok dès le lendemain de son entrée en vigueur, puis l’élection par le Parlement d’un nouveau chef de l’État pour cinq ans maximum. Le paquet vise aussi le chef de la Cour constitutionnelle Peter Polt et réforme plusieurs institutions.
Qui pourrait succéder à Tamas Sulyok ?
Le nouveau président sera élu par le Parlement, où le parti Tisza de Peter Magyar détient la majorité des deux tiers des 199 sièges. Aucun nom n’était officiellement confirmé au moment de la publication de cet article ; le futur chef de l’État serait désigné pour une durée maximale de cinq ans, dans l’attente d’une nouvelle Loi fondamentale.