Le président hongrois Tamas Sulyok a signé, le 18 juillet 2026, le 17e amendement à la Loi fondamentale qui met fin à son propre mandat, renonçant ainsi au dernier recours face à une réforme votée par le Parlement le 13 juillet (139 voix contre 6). Son mandat prend fin le 20 juillet 2026 ; l’intérim de la présidence est assuré par la présidente de l’Assemblée nationale, Ágnes Forsthoffer, jusqu’à l’élection d’un nouveau chef de l’État par le Parlement. Dans une allocution publiée sur Facebook, Tamas Sulyok, proche de l’ancien Premier ministre Viktor Orban, a dénoncé un amendement « sans précédent et honteux » et « une attaque contre l’État de droit », tout en reconnaissant qu’un refus de signer aurait lui-même été illégal.
La révision, présentée par la majorité comme un texte de « remise à niveau » des institutions, marque une nouvelle étape dans la reprise en main de l’État par le parti Tisza de Peter Magyar, arrivé au pouvoir au printemps après seize ans de domination du Fidesz. La fonction présidentielle est, en Hongrie, largement protocolaire : le chef de l’État est élu par le Parlement et dispose de pouvoirs limités, essentiellement de représentation et de promulgation.
Ce que prévoit le 17e amendement constitutionnel #
Le texte prévoit la fin du mandat du président en exercice dès le lendemain de son entrée en vigueur. Après la signature de Tamas Sulyok le 18 juillet 2026 et la publication de l’amendement au journal officiel, cette échéance a été fixée au 20 juillet 2026. Le Parlement doit ensuite élire un nouveau chef de l’État, pour une durée maximale de cinq ans, dans l’attente de l’adoption d’une nouvelle Loi fondamentale. Le parti Tisza de Peter Magyar disposant de la majorité des deux tiers des 199 sièges de l’Assemblée, il détient le verrou constitutionnel nécessaire à la fois pour modifier la Loi fondamentale et pour désigner le futur président.
L’amendement ne se limite pas à la présidence. Selon les éléments rapportés par plusieurs médias internationaux, le paquet vise également Peter Polt, chef de la Cour constitutionnelle, instaure des limites de mandat rétroactives pour les députés, confère un statut constitutionnel à une agence anticorruption, et engage une refonte de la Cour constitutionnelle, de la justice et des mécanismes de contrôle budgétaire.
De l’ultimatum à la signature du président #
Après le vote du 13 juillet, Peter Magyar avait indiqué que Tamas Sulyok disposait de cinq jours pour signer la réforme ou quitter volontairement ses fonctions, à défaut de quoi une procédure d’éviction serait lancée. Ce délai arrivait à échéance autour du 18 juillet 2026. C’est ce jour-là que le chef de l’État a finalement signé le texte. Dans une allocution diffusée sur Facebook, il a expliqué que refuser d’apposer sa signature aurait été, selon lui, tout aussi illégal, et qu’il avait donc choisi de signer.
Tout en s’exécutant, Tamas Sulyok a vivement critiqué la réforme, qu’il a qualifiée d’« attaque » contre l’État de droit et l’indépendance des institutions. Il a estimé que sa signature resterait la « preuve durable » que « les valeurs fondamentales d’une société libre — l’État de droit, la démocratie et le principe de séparation des pouvoirs — ont été bafouées pour des raisons de pouvoir », attribuant la responsabilité de la décision à la majorité qui a modifié la Constitution. Ces propos engagent leur auteur ; la majorité, elle, défend une remise en ordre des institutions.
Un intérim assuré par la présidente de l’Assemblée #
À compter de la fin du mandat de Tamas Sulyok, fixée au 20 juillet 2026, les fonctions de président de la République sont exercées à titre intérimaire par la présidente de l’Assemblée nationale, Ágnes Forsthoffer, jusqu’à l’élection d’un nouveau chef de l’État. Selon plusieurs médias, le Parlement doit désigner le futur président dans les semaines qui suivent. Ce dernier serait élu pour une durée maximale de cinq ans, dans l’attente de l’adoption d’une nouvelle Loi fondamentale.
Des critiques d’ONG, un boycott du Fidesz #
La révision a suscité des réactions immédiates. Amnesty International a rappelé que Tamas Sulyok avait droit à une procédure équitable. Human Rights Watch a jugé ces ajustements constitutionnels comparables à des pratiques observées durant l’ère Fidesz. De son côté, le parti de Viktor Orban a boycotté le vote et appelé à « résister » à la réforme, dénonçant une reprise en main institutionnelle par la nouvelle majorité.
Le contexte : l’alternance d’avril 2026 #
Ce bras de fer institutionnel s’inscrit dans le prolongement des élections législatives d’avril 2026, remportées largement par le parti Tisza de Peter Magyar, dirigeant conservateur pro-européen. Cette victoire a mis fin à seize années de pouvoir ininterrompu du Fidesz de Viktor Orban. Tamas Sulyok, élu à la présidence sous la précédente majorité, s’est retrouvé en porte-à-faux avec la nouvelle Assemblée, qui entend remodeler en profondeur l’architecture constitutionnelle du pays.
Les dates clés #
| Date | Événement |
|---|---|
| Avril 2026 | Législatives : victoire écrasante du parti Tisza de Peter Magyar, fin de 16 ans de pouvoir du Fidesz d’Orban |
| 13 juillet 2026 | Vote du 17e amendement constitutionnel (139 voix contre 6), boycotté par le Fidesz |
| 18 juillet 2026 | Tamas Sulyok signe le 17e amendement et dénonce, sur Facebook, une « attaque » contre l’État de droit |
| 20 juillet 2026 | Fin du mandat de Tamas Sulyok ; l’intérim est assuré par la présidente de l’Assemblée, Ágnes Forsthoffer |
Questions fréquentes #
Qui est Tamas Sulyok, le président hongrois écarté ?
Tamas Sulyok est le président sortant de la Hongrie, une fonction largement protocolaire dans le pays, où le chef de l’État est élu par le Parlement. Proche de Viktor Orban, il avait été élu sous la précédente majorité Fidesz. Son mandat a pris fin à la suite du 17e amendement constitutionnel, qu’il a signé le 18 juillet 2026.
Que prévoit le 17e amendement constitutionnel hongrois ?
Adopté le 13 juillet 2026 par 139 voix contre 6, il prévoit la fin du mandat du président en exercice dès le lendemain de son entrée en vigueur. Après la signature de Tamas Sulyok le 18 juillet, cette échéance a été fixée au 20 juillet 2026. Le Parlement doit ensuite élire un nouveau chef de l’État pour cinq ans maximum. Le paquet vise aussi le chef de la Cour constitutionnelle Peter Polt et réforme plusieurs institutions.
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Qui assure la présidence après le départ de Tamas Sulyok ?
À compter de la fin du mandat de Tamas Sulyok, fixée au 20 juillet 2026, les fonctions présidentielles sont exercées à titre intérimaire par la présidente de l’Assemblée nationale, Ágnes Forsthoffer. Le nouveau président sera ensuite élu par le Parlement, où le parti Tisza de Peter Magyar détient la majorité des deux tiers des 199 sièges, pour une durée maximale de cinq ans, dans l’attente d’une nouvelle Loi fondamentale.