Entreprises : un pessimisme marqué et des délais de paiement qui s’allongent, selon l’étude Arc-Ifop

Le moral des entreprises françaises n’est pas au beau fixe, et une nouvelle étude publiée ce mardi 3 novembre le confirme. Réalisée par le cabinet Arc, spécialisé dans le recouvrement de créances, avec l’Ifop, elle montre un pessimisme très marqué chez les sociétés de 50 salariés et plus. Elle montre aussi comment beaucoup d’entre elles tiennent leur trésorerie : en payant leurs fournisseurs plus tard.

Neuf entreprises sur dix s’attendent à une dégradation #

Selon les résultats rapportés par BFM Business, l’enquête a été menée en septembre auprès de 500 entreprises. 92 % d’entre elles estiment que la situation économique française va se dégrader au cours des six prochains mois.

Le regard sur l’année écoulée est tout aussi sombre : 82 % considèrent que la situation des entreprises s’est détériorée, soit 11 points de plus qu’à la fin de 2025. Le climat ne se limite donc pas à une inquiétude pour l’avenir, il traduit aussi un constat sur les derniers mois.

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L’énergie en tête des inquiétudes

Les dirigeants interrogés citent d’abord la hausse du coût de l’énergie (83 %). Viennent ensuite l’instabilité politique (67 %), les difficultés liées à l’emploi et aux problèmes sociaux (61 %), et l’augmentation de la pression fiscale (53 %).

La place de l’instabilité politique, citée par deux entreprises sur trois, n’étonne pas. Les changements de gouvernement et les débats budgétaires rendent la visibilité très faible pour les décisions d’investissement et d’embauche.

Une sur dix seulement envisage de croître #

Pour leur propre activité, les entreprises restent un peu moins pessimistes que pour l’économie en général, mais la tendance est nette. 61 % tablent sur une stabilité dans les six prochains mois, une proportion en recul de onze points sur un an. À l’inverse, 28 % anticipent un recul de leur activité, soit 10 points de plus en un an.

Seules 11 % des entreprises interrogées envisagent une croissance. « Notre étude met en lumière un pessimisme particulièrement marqué », résume Denis Le Bossé, président du cabinet Arc, cité par BFM Business.

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Les délais de paiement, variable d’ajustement #

Le point le plus préoccupant concerne la trésorerie. Pour faire face à leurs besoins de liquidités, 83 % des entreprises disent allonger les délais de paiement de leurs fournisseurs, une pratique en hausse de huit points sur un an. Le découvert bancaire arrive loin derrière, cité par 47 % des répondants.

Le problème, c’est que ce que l’un retarde, l’autre le subit. 93 % des entreprises estiment que les délais de paiement de leurs propres clients ne se sont pas améliorés, et 38 % jugent qu’ils se sont dégradés. « L’allongement des délais de paiement ne peut durablement constituer une réponse aux besoins de trésorerie (…) il fragilise l’ensemble de la chaîne économique », avertit Denis Le Bossé.

Les PME tournent le dos aux marchés publics

Autre chiffre marquant : par crainte de ne pas être payées, ou de l’être trop tard, 57 % des PME déclarent renoncer à répondre aux appels d’offres du secteur public. C’est 12 points de plus qu’il y a un an. Pour les acheteurs publics, cela signifie moins de candidats ; pour les petites entreprises, des débouchés auxquels elles renoncent faute de trésorerie suffisante.

Une tendance déjà visible au printemps #

Ce n’est pas la première alerte du cabinet. Son précédent baromètre, mené avec l’Ifop au printemps et détaillé par Daf-Mag en juin, mesurait déjà un retard moyen de paiement de 18,9 jours, contre 17,3 jours en 2025. À l’époque, 80 % des entreprises désignaient les délais de paiement comme leur première variable d’ajustement de trésorerie.

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Denis Le Bossé y plaidait pour des sanctions plus dissuasives contre les mauvais payeurs, proportionnelles au chiffre d’affaires. Il voyait aussi dans la généralisation de la facture électronique un moyen de mieux tracer les paiements, tout en prévenant que les premiers mois pourraient au contraire créer des décalages.

Ce qu’il faut retenir #

L’étude dessine une économie où les entreprises se financent les unes sur les autres. Les plus grandes peuvent supporter des retards, les plus petites beaucoup moins. Dans un contexte d’incertitude politique et de coûts de l’énergie élevés, ce mécanisme peut fragiliser les fournisseurs les moins solides.

Les prochains mois diront si ce pessimisme se traduit dans les chiffres de l’activité et des défaillances. Les débats budgétaires de l’automne et l’arrivée progressive de la facturation électronique entre entreprises seront deux points à suivre de près.

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