Édouard Balladur est mort à 97 ans : Premier ministre de la cohabitation 1993-1995, rival de Chirac en 1995

Édouard Balladur, Premier ministre de François Mitterrand pendant la deuxième cohabitation, de mars 1993 à mai 1995, est mort lundi 31 août à Paris à l’âge de 97 ans, a annoncé sa famille à l’AFP. Figure de la droite, il aura traversé cinquante ans de vie politique, du cabinet de Georges Pompidou en 1964 à son dernier mandat de député de Paris, achevé en 2007. Les hommages ont afflué dans la soirée, d’Emmanuel Macron à ses anciens rivaux comme à ses héritiers politiques.

En bref

  • Édouard Balladur est mort lundi 31 août 2026 à Paris, à 97 ans ; le décès a été annoncé par sa famille à l’AFP.
  • Il fut Premier ministre de 1993 à 1995, ministre d’État chargé de l’Économie de 1986 à 1988, et candidat à la présidentielle de 1995 (troisième du premier tour avec 18,6 % des voix).
  • Emmanuel Macron a salué un homme qui a « consacré sa vie à la Ve République » ; Nicolas Sarkozy dit perdre « un exemple, un mentor et un ami ».
  • Dans le volet financier de l’affaire Karachi, il avait été relaxé par la Cour de justice de la République le 4 mars 2021.

Cinquante ans de vie politique, de Pompidou à Matignon #

Né en 1929 à Smyrne — aujourd’hui Izmir, en Turquie —, Édouard Balladur entre en politique dans le sillage de Georges Pompidou, dont il rejoint le cabinet à Matignon en 1964, avant de devenir conseiller puis secrétaire général de l’Élysée à la fin de la présidence Pompidou. Après une traversée du désert, il revient au premier plan en 1986 : dans le premier gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac, il est ministre d’État, ministre de l’Économie, des Finances et de la Privatisation, et conduit le programme de privatisations de l’époque.

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Élu député de Paris de 1986 à 2007, il présidera également la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale de 2002 à 2007. C’est en mars 1993, après la large victoire de la droite aux législatives, que François Mitterrand le nomme à Matignon : il devient le Premier ministre de la deuxième cohabitation, jusqu’en mai 1995.

1995, la candidature qui a divisé sa famille politique #

Longtemps donné favori dans les sondages, Édouard Balladur se présente à l’élection présidentielle de 1995 face à Jacques Chirac, avec lequel il avait pourtant cofondé le RPR. Il est éliminé au premier tour, troisième avec 18,6 % des voix, et appelle à voter pour Jacques Chirac au second tour. Cette campagne reste l’une des fractures les plus durables de la droite française — Nicolas Sarkozy, qui fut son ministre du Budget et son porte-parole, l’a rappelé lundi soir : « Je n’aurais pas eu la carrière politique qui fut la mienne sans sa confiance ».

L’affaire Karachi : une relaxe en 2021 #

Le nom d’Édouard Balladur est resté attaché au volet financier de l’affaire Karachi, portant sur des soupçons de financement occulte de sa campagne de 1995 en marge de contrats d’armement. Jugé par la Cour de justice de la République, seule juridiction habilitée à juger des ministres pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions, il a été relaxé le 4 mars 2021. Son ancien ministre de la Défense François Léotard avait, lui, été condamné à deux ans de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende.

Les hommages, de l’Élysée aux oppositions #

Emmanuel Macron a rendu hommage à un « serviteur exigeant, mesuré, dévoué » de la France, qui a « consacré sa vie à la Ve République ». La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a salué « une haute idée de nos institutions et de la responsabilité de ceux qui les servent » ; Gabriel Attal estime que « la République perd un grand serviteur », et Sébastien Lecornu a rappelé les « cinquante années de l’histoire de la Ve République » associées à son nom.

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À droite, Bruno Retailleau a insisté sur ses convictions « de droite et libérales » et sa « modération », Valérie Pécresse a décrit un « homme de culture et de convictions », et Éric Ciotti un « grand homme d’État ». Marine Le Pen, tout en évoquant leurs « désaccords politiques », a salué une « figure majeure de la vie politique de la Ve République » et son « respect du débat démocratique ».

Date Étape
1929 Naissance à Smyrne (aujourd’hui Izmir, Turquie)
1964 Entre au cabinet de Georges Pompidou à Matignon
1986-1988 Ministre d’État, ministre de l’Économie, des Finances et de la Privatisation
1993-1995 Premier ministre de la deuxième cohabitation
1995 Troisième du premier tour de la présidentielle (18,6 %)
4 mars 2021 Relaxe par la Cour de justice de la République (volet financier de l’affaire Karachi)
31 août 2026 Décès à Paris, à 97 ans

Questions fréquentes #

Quand et où Édouard Balladur est-il mort ?

Il est mort lundi 31 août 2026 à Paris, à l’âge de 97 ans. Le décès a été annoncé par sa famille à l’AFP. La cause du décès n’a pas été communiquée.

Quelles ont été ses principales fonctions ?

Ministre d’État chargé de l’Économie, des Finances et de la Privatisation (1986-1988), Premier ministre de la deuxième cohabitation (1993-1995), député de Paris (1986-2007) et président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale (2002-2007). Il fut candidat à l’élection présidentielle de 1995.

Qu’est-il ressorti de l’affaire Karachi le concernant ?

Jugé pour le volet financier de l’affaire (soupçons de financement occulte de sa campagne de 1995), Édouard Balladur a été relaxé par la Cour de justice de la République le 4 mars 2021. François Léotard, son ancien ministre de la Défense, a été condamné à deux ans de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende.

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À retenir

Avec Édouard Balladur disparaît l’un des derniers grands acteurs des cohabitations de la Ve République : un Premier ministre arrivé à Matignon en 1993 au sommet de sa popularité, battu en 1995 dans un duel fratricide avec Jacques Chirac, relaxé en 2021 dans l’affaire Karachi, et salué lundi soir par l’ensemble de la classe politique.

Sources : LCP ; LCP – hommages ; CNEWS (31 août 2026).

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