Éric Ciotti (UDR) et 2027 : ce qu’il a déclaré sur Marine Le Pen et les retraites

Dans un entretien au Journal du dimanche (JDD) publié le 15 août 2026, Éric Ciotti — maire de Nice et président de l’UDR, l’Union des droites pour la République — a déclaré qu’il serait « engagé loyalement et fortement pour la victoire de Marine Le Pen » à l’élection présidentielle de 2027. Il n’annonce pas sa propre candidature : c’est un soutien à la candidate du Rassemblement national (RN), assorti d’un désaccord reconnu sur l’âge de départ à la retraite.

En bref
  • Qui parle : Éric Ciotti, 60 ans, maire de Nice depuis mars 2026, président de l’UDR et toujours député de la 1re circonscription des Alpes-Maritimes.
  • Ce qu’il annonce : un engagement pour la victoire de Marine Le Pen. Il n’est pas candidat.
  • Le désaccord : les retraites. Il défend un report de l’âge de départ et un « étage de capitalisation » ; Marine Le Pen défendait encore avant l’été un retour à 62 ans.
  • Ce que ça ne change pas : la candidate du RN reste Marine Le Pen, qui a confirmé sa candidature le 7 juillet 2026 ; son programme sur les retraites est inchangé à ce jour.

Ce qu’Éric Ciotti a déclaré, mot pour mot #

L’entretien a été mis en ligne par le JDD le samedi 15 août 2026 en fin de journée, puis relayé le soir même par une dépêche AFP reprise par Le Figaro à 21 h 29 (heure de Paris). Selon cette dépêche, il sera « engagé loyalement et fortement pour la victoire de Marine Le Pen », ajoute que la candidate du RN « devra bâtir un projet de rassemblement et de rupture à la hauteur de la gravité de la situation du pays », et dit continuer de voir « beaucoup plus de points communs que de divergences » avec ses alliés.

« Je sais que c’est un sujet qui, chez eux, est en cours de réflexion et qui, je l’espère, marquera une évolution par rapport aux positions passées. »

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— Éric Ciotti, à propos de la position du RN sur les retraites, entretien au Journal du dimanche, 15 août 2026 (cité par l’AFP et Le Figaro).

Les titres divergent, on le signale. Le JDD a titré sur « Je serai engagé fortement pour la victoire de Marine Le Pen », la dépêche AFP restitue « engagé loyalement et fortement », et Le Parisien retient qu’il « se dit prêt à participer loyalement ». Le sens reste le même — un soutien annoncé — et aucune de ces formulations n’est une candidature.

Les chiffres à retenir #

48,54 %
Score d’Éric Ciotti au second tour à Nice, le 22 mars 2026, devant Christian Estrosi (37,20 %).
17 députés
Élus avec son soutien et celui du RN en juillet 2024 : deux de plus que le seuil de 15 requis pour former un groupe.
64 ans / 62 ans
L’âge légal qu’il soutient (réforme du 14 avril 2023) face à celui que défendait Marine Le Pen avant l’été.
4e fois
Candidatures de Marine Le Pen à la présidentielle : 2012, 2017, 2022, puis 2027.

Le désaccord porte sur les retraites : les deux positions #

C’est le seul point sur lequel il reconnaît explicitement un écart. Les deux positions, sans les hiérarchiser.

Éric Ciotti considère qu’« il faudra travailler plus longtemps » et qu’« il faut ajouter un étage de capitalisation » au système actuel, qui fonctionne par répartition. Il avait soutenu, à la tête des Républicains, le relèvement de l’âge légal à 64 ans, paramètre central de la réforme promulguée le 14 avril 2023.

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Marine Le Pen défendait encore avant l’été un retour à 62 ans, voire à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt, et n’ouvrait la porte qu’à une part de capitalisation « volontaire ».

Ce qui n’est pas tranché : il dit avoir abordé le sujet « à plusieurs reprises » avec ses alliés et « espère » une évolution, mais aucune modification du programme du RN n’a été annoncée. La dépêche relève que Jordan Bardella avait défendu des positions plus proches de celles de l’UDR, et que c’est Marine Le Pen qui est candidate.

Qui est Éric Ciotti aujourd’hui : la chronologie exacte depuis 2024 #

  • Juin 2024 : aux législatives anticipées, Éric Ciotti, alors président des Républicains (LR), conclut un accord avec la direction du RN sans consulter son parti.
  • 7 juillet 2024 : au second tour, 17 candidats soutenus par Éric Ciotti et le RN sont élus — plus que le minimum de 15 députés requis pour constituer un groupe à l’Assemblée nationale.
  • 18 juillet 2024 : ils fondent un groupe autonome, d’abord nommé « À droite ! », à la XVIIe législature.
  • 31 août 2024 : il annonce la création d’un parti, l’Union des droites pour la République (UDR).
  • 12 septembre 2024 : le groupe « À droite ! » est renommé groupe UDR. Éric Ciotti en prend la présidence.
  • 1er octobre 2024 : sa démission de la présidence de LR, annoncée le 22 septembre après la formation du gouvernement Barnier, devient effective.

Un point de vocabulaire contesté, donné tel quel : le ministère de l’Intérieur classe cette mouvance à l’extrême droite dans son référentiel de nuances de 2024, classement repris par plusieurs rédactions ; Éric Ciotti l’a publiquement contesté (L’Opinion, 20 juin 2024). Cet article ne tranche pas.

À Nice : les chiffres du 22 mars 2026 #

Résultats définitifs du second tour : Éric Ciotti 61 009 voix, 48,54 % des exprimés et 52 sièges sur 69 ; Christian Estrosi 46 753 voix, 37,20 % ; la liste d’union de la gauche de Juliette Chesnel-Le Roux 17 926 voix, 14,26 %. Participation : 55,92 %. Battu après dix-huit ans à la tête de la ville, Christian Estrosi a annoncé le soir même son retrait de ses mandats locaux.

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Une divergence de chiffres : le soir du scrutin, les estimations Ipsos BVA CESI donnaient Ciotti à 47,7 % et Estrosi à 37,4 %. Ce sont les résultats définitifs qui font foi.

Pourquoi il est encore député alors qu’il est maire #

Depuis la loi de 2014 sur le non-cumul des mandats, un parlementaire élu à une fonction exécutive locale doit démissionner de l’un des deux, en principe dans les trente jours suivant la proclamation des résultats. Ce délai ne court pas de la même manière lorsque l’élection est contestée : un recours a été déposé par Juliette Chesnel-Le Roux devant le tribunal administratif, pour « nombreuses irrégularités ». Tant que le contentieux n’est pas définitivement tranché, le délai court à compter de la décision définitive et non de la proclamation. Le tribunal dispose de trois mois pour statuer, avec appel possible ensuite. Pendant cette période, Éric Ciotti ne perçoit qu’une indemnité, celle de son mandat parlementaire (LCP, 31 mars 2026). D’où sa présence, à la mi-août 2026, parmi les députés des Alpes-Maritimes.

Le calendrier des prochaines échéances #

Date Échéance Ce qui se joue
27 août 2026 Premier débat de candidats, devant le Medef Sept candidats déclarés ou pressentis, à Roland-Garros ; diffusion annoncée sur LCI. Éric Ciotti n’y est pas convié : il n’est pas candidat.
Mars 2027 Liste officielle des candidats Le Conseil constitutionnel l’arrête après vérification des 500 parrainages d’élus.
18 avril 2027 Premier tour de la présidentielle Calendrier confirmé par le gouvernement le 1er juillet 2026.
2 mai 2027 Second tour de la présidentielle Le mandat d’Emmanuel Macron s’achève le 14 mai 2027 ; il ne peut se représenter.

Voir aussi notre page de suivi Présidentielle 2027 : date, candidats déclarés et pressentis et notre fiche biographique sur Éric Ciotti.

Questions fréquentes #

Éric Ciotti est-il candidat à la présidentielle de 2027 ?

Non. Dans son entretien au Journal du dimanche du 15 août 2026, il annonce qu’il sera « engagé loyalement et fortement pour la victoire de Marine Le Pen », candidate déclarée du RN. C’est un soutien, pas une candidature.

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Sur quoi Éric Ciotti et le RN sont-ils en désaccord ?

Sur les retraites. Éric Ciotti défend un report de l’âge de départ — il avait soutenu le relèvement à 64 ans de la réforme du 14 avril 2023 — et un « étage de capitalisation ». Marine Le Pen défendait encore avant l’été un retour à 62 ans, voire 60 ans pour les carrières longues, et une capitalisation « volontaire ». Le programme du RN est inchangé à ce jour.

Qu’est-ce que l’UDR d’Éric Ciotti ?

Le parti annoncé par Éric Ciotti le 31 août 2024, après son accord de juin 2024 avec le RN et son départ des Républicains (effectif le 1er octobre 2024). À l’Assemblée, le groupe fondé le 18 juillet 2024 sous le nom « À droite ! » par les 17 députés élus avec son soutien a été renommé groupe UDR le 12 septembre 2024.

À retenir

Éric Ciotti, maire de Nice et président de l’UDR, a annoncé le 15 août 2026 qu’il s’engagerait pour la victoire de Marine Le Pen en 2027 : un soutien déclaré, pas une candidature. Le seul désaccord qu’il reconnaît porte sur les retraites — 64 ans et capitalisation pour lui, 62 ans et capitalisation volontaire pour la candidate du RN avant l’été — et il dit espérer une évolution, sans qu’aucune ait été actée. Le reste tient à des faits datés : accord de juin 2024, parti créé le 31 août 2024, mairie gagnée le 22 mars 2026 avec 48,54 % des voix, mandat de député conservé le temps qu’un recours soit tranché.

Sources : Le Journal du dimanche, entretien du 15 août 2026 ; AFP via Le Figaro le 15 août 2026 à 21 h 29 ; Le Parisien, 15 août 2026 ; ICI et Public Sénat (municipales du 22 mars 2026) ; LCP – Assemblée nationale, 31 mars 2026 (cumul des mandats) ; nuances du ministère de l’Intérieur (2024) ; L’Opinion, 20 juin 2024.

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