L’AfD (Alternative für Deutschland, parti classé à l’extrême droite) d’Ulrich Siegmund arrive très largement en tête des élections régionales de Saxe-Anhalt ce dimanche 6 septembre 2026 : selon les premières projections publiées à partir de 18 h par les chaînes publiques ARD et ZDF, elle recueillerait autour de 44 % des voix, loin devant la CDU du ministre-président sortant Sven Schulze, donnée à 18,5 %. Un score qui placerait, pour la première fois dans l’Allemagne d’après-guerre, un parti d’extrême droite aux portes d’un exécutif régional — sans lui garantir le pouvoir : ces chiffres sont des projections, affinées au fil du dépouillement dans la soirée, et non des résultats définitifs, et la répartition des sièges, décisive pour la suite, reste à confirmer.
En bref
- Selon la projection (Hochrechnung) Forschungsgruppe Wahlen publiée par la ZDF à 18 h 27, l’AfD obtiendrait 44,1 % des voix, devant la CDU (18,5 %), Die Linke (9,2 %), le SPD (8,8 %), les Verts (8,7 %), le BSW (4,8 %) et le FDP (2,4 %). La première estimation ARD de 18 h donnait l’AfD à 44,5 %. Ce sont des projections, pas des résultats définitifs.
- D’après les projections rapportées par franceinfo, l’AfD obtiendrait 39 à 41 sièges sur au moins 83 : la majorité absolue (42 sièges) ne serait pas atteinte, mais la répartition définitive reste à confirmer.
- « Nous avons écrit l’histoire », a réagi la tête de liste de l’AfD, Ulrich Siegmund, 35 ans, peu après la publication des premières estimations.
- Tous les autres partis ont exclu avant le scrutin de gouverner avec l’AfD : la formation du prochain exécutif autour du ministre-président sortant Sven Schulze (CDU), ou dans une autre configuration, reste ouverte.
Plan de l'article
- Ce que disent les premières projections
- Qui est Ulrich Siegmund ?
- Ce qui s’est joué concrètement ce dimanche
- Ce que disaient les sondages — et ce que disent les urnes
- Majorité absolue, coalition, troisième tour : ce que les projections laissent ouvert
- Pourquoi ce scrutin régional résonne jusqu’en France
- Mini-FAQ
Ce que disent les premières projections #
À la fermeture des bureaux de vote, à 18 h, la première estimation diffusée par l’ARD (Infratest dimap) créditait l’AfD de 44,5 % des voix, devant la CDU (18,5 %), Die Linke (9,5 %), le SPD (8 %) et le BSW (5 %), rapportent Euronews et France 24. La projection suivante (Hochrechnung), publiée à 18 h 27 par la ZDF (Forschungsgruppe Wahlen), dessinait un tableau très proche : AfD à 44,1 %, CDU à 18,5 %, Die Linke à 9,2 %, SPD à 8,8 %, Verts à 8,7 %, BSW à 4,8 % et FDP à 2,4 %.
| Parti | Estimation ARD (18 h) | Hochrechnung ZDF (18 h 27) |
|---|---|---|
| AfD | 44,5 % | 44,1 % |
| CDU | 18,5 % | 18,5 % |
| Die Linke | 9,5 % | 9,2 % |
| SPD | 8 % | 8,8 % |
| Verts | n.c. | 8,7 % |
| BSW | 5 % | 4,8 % |
| FDP | n.c. | 2,4 % |
Chiffres provisoires : ce sont des projections d’instituts publiées par les chaînes publiques allemandes, pas des résultats définitifs. Le BSW oscille autour du seuil des 5 % : son entrée au Landtag n’est pas tranchée à cette heure.
« Nous avons écrit l’histoire », a lancé Ulrich Siegmund peu après la publication des premières estimations, réclamant « un changement politique fondamental dans ce pays, avec une politique qui s’occupe enfin à nouveau de nos propres intérêts », rapportent franceinfo et France 24. La participation s’annonçait en forte hausse : 34,7 % à la mi-journée, contre 22,4 % au même moment en 2021, selon France 24. Pour la CDU, qui avait remporté le scrutin de 2021 avec 37,1 % des voix, le score projeté représente un recul d’environ 20 points.
Qui est Ulrich Siegmund ? #
Né en 1990 à Havelberg et élevé à Tangermünde, dans le nord de la Saxe-Anhalt, Ulrich Siegmund vient du commerce : avant la politique, il a notamment monté une petite entreprise de parfums d’ambiance pour l’hôtellerie, rappellent la RTS et le média suisse Watson. Élu député au Landtag de Magdebourg en 2016, à 25 ans, il co-préside aujourd’hui le groupe parlementaire AfD. En novembre 2023, il a participé à la réunion de Potsdam entre responsables d’extrême droite consacrée à la « remigration », une rencontre qui avait déclenché de vastes manifestations dans toute l’Allemagne début 2024.
Son style tranche avec celui des figures historiques du parti : discours policé, mise en scène de proximité — « Je suis juste un type tout à fait normal […] issu du peuple pour le peuple », se présente-t-il, cité par la RTS — et une intense présence numérique, avec près de 800 000 abonnés sur TikTok selon Watson. Son programme, baptisé « Vision 2026 », prévoit notamment la préférence nationale, l’expulsion des étrangers en situation irrégulière et une ligne favorable à Moscou, jusqu’au retour de l’enseignement du russe à l’école, détaille la RTS. À la mi-août, l’hebdomadaire Der Spiegel en a fait sa couverture en le qualifiant d’« homme le plus dangereux d’Allemagne ». L’AfD de Saxe-Anhalt, elle, est classée « mouvement extrémiste de droite avéré » par le renseignement intérieur régional depuis novembre 2023.
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Ce qui s’est joué concrètement ce dimanche #
Chaque électeur disposait de deux voix : la première désigne un candidat dans l’une des 41 circonscriptions, la seconde une liste de parti — c’est elle qui détermine la répartition proportionnelle des sièges, avec un seuil d’accès fixé à 5 %. Le Landtag compte au minimum 83 députés, un nombre qui peut augmenter avec les mandats compensatoires. La majorité absolue est à 42 sièges.
| Repère | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Horaires du vote | Bureaux ouverts de 8 h à 18 h (scrutin clos) |
| Premières estimations | Publiées dès 18 h sur ARD et ZDF (AfD autour de 44 %) |
| Électeurs inscrits | Environ 1,7 million, selon la ZDF |
| Sièges au Landtag | 83 au minimum ; majorité absolue à 42 |
| Seuil électoral | 5 % des secondes voix |
| Coalition sortante | CDU-SPD-FDP, dirigée par Sven Schulze (CDU) |
Côté CDU, le visage a changé en cours de mandat : Reiner Haseloff, ministre-président depuis 2011, avait annoncé dès l’été 2025 qu’il ne se représenterait pas. Son ancien ministre de l’Économie Sven Schulze lui a succédé le 28 janvier 2026, élu par le Landtag, et conduit aujourd’hui la liste conservatrice, comme le rappelle le fil du jour de la ZDF. Les autres têtes de liste sont Eva von Angern (Die Linke), Armin Willingmann (SPD), Lydia Hüskens (FDP) et Susan Sziborra-Seidlitz (Verts).
Ce que disaient les sondages — et ce que disent les urnes #
Selon le dernier sondage Forschungsgruppe Wahlen pour la ZDF, réalisé du 1er au 3 septembre, l’AfD recueillerait 41 % des intentions de vote, devant la CDU (23 %), Die Linke (11,5 %), le SPD (8,5 %), les Verts (6 %), le BSW (4 %) et le FDP (3 %). Les enquêtes INSA du 2 septembre (AfD à 43 %) et Infratest dimap pour l’ARD du 26 août (42 %) dessinaient le même rapport de forces, selon le recensement du site spécialisé Wahlrecht.de. Si ces chiffres se vérifiaient, l’AfD ferait presque le double de la CDU — et le double de son propre score de 2021, où elle avait obtenu 20,8 % contre 37,1 % à la CDU de Reiner Haseloff.
Les projections du soir ont confirmé — et même légèrement amplifié — ce rapport de forces : autour de 44 % pour l’AfD, contre 41 à 43 % dans les dernières enquêtes, et une CDU en deçà de ses niveaux sondés (18,5 % projetés contre 22-23 % d’intentions de vote). Une réserve demeure entière : tant que le dépouillement n’est pas achevé, les pourcentages et la répartition des sièges peuvent encore bouger, notamment autour du seuil de 5 %, où le BSW est donné (4,8 à 5 % selon les projections) — son entrée ou non au Landtag peut modifier les équilibres.
Majorité absolue, coalition, troisième tour : ce que les projections laissent ouvert #
Scénario 1 : l’AfD décroche 42 sièges ou plus. Elle pourrait alors élire seule Ulrich Siegmund ministre-président — une première dans l’histoire de la République fédérale. Selon les projections rapportées par franceinfo, l’AfD obtiendrait toutefois 39 à 41 sièges, juste sous la majorité absolue de 42 : ce scénario ne serait donc pas acquis en l’état, sans pouvoir être formellement écarté tant que la répartition définitive des sièges n’est pas publiée.
Scénario 2 : pas de majorité absolue, et le « cordon sanitaire » tient. Tous les autres partis représentés ont exclu de gouverner avec l’AfD — la « Brandmauer » (mur pare-feu) allemande. Le chancelier Friedrich Merz (CDU) avait encore exclu toute coopération fin août, rappelle Le Grand Continent. Sven Schulze pourrait alors tenter d’assembler une coalition majoritaire sans l’AfD — franceinfo évoque cette hypothèse —, ce qui exigerait vraisemblablement d’unir la CDU à plusieurs partis à la fois, de la gauche aux libéraux, comme l’analysait avant le scrutin Touteleurope.eu.
Scénario 3 : le troisième tour. C’est la subtilité institutionnelle que beaucoup découvrent : pour élire le ministre-président, la constitution du Land prévoit qu’à partir du troisième tour de scrutin au Landtag, la majorité simple suffit. Le Grand Continent soulignait que le BSW (le parti de Sahra Wagenknecht, qui juge que « le cordon sanitaire a échoué ») pourrait, s’il franchissait les 5 %, faciliter par une simple abstention l’élection d’un candidat AfD à ce stade. Or, les projections du soir donnent précisément le BSW entre 4,8 et 5 % : son entrée au Landtag, encore indécise, pèse directement sur ce scénario — franceinfo relève par ailleurs que ses membres sont divisés sur l’attitude à adopter face à l’AfD.
Pourquoi ce scrutin régional résonne jusqu’en France #
La Saxe-Anhalt, quelque 2,1 millions d’habitants autour de Magdebourg et Halle, est l’un des Länder les moins peuplés et, selon Touteleurope.eu, le plus pauvre d’Allemagne en PIB par habitant. Un ministre-président y contrôle des leviers réels — police régionale, écoles, culture, financement de l’audiovisuel public régional — mais pas la politique étrangère ni les lois fédérales : le Land ne pèse que 4 voix sur 69 au Bundesrat, la chambre des Länder. C’est précisément ce qui rend le test intéressant : une victoire de l’AfD ne changerait pas la ligne de Berlin, mais donnerait au parti sa première vitrine d’exercice du pouvoir, à deux ans et demi des prochaines élections fédérales.
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Pour les observateurs français, l’écho est direct : la progression d’un parti d’extrême droite aux portes d’un exécutif s’inscrit dans un mouvement européen plus large, scruté de près à l’approche de l’élection présidentielle française de 2027 — un paysage où les soutiens internationaux s’affichent désormais ouvertement, comme lorsque Elon Musk a apporté son soutien à Marine Le Pen. Le tout dans une actualité internationale déjà sous tension, marquée ces derniers jours par l’escalade militaire entre Washington et Téhéran.
Mini-FAQ #
Quels sont les premiers résultats des élections en Saxe-Anhalt ?
Selon la première estimation ARD (Infratest dimap) publiée à 18 h ce dimanche 6 septembre 2026, l’AfD recueillerait 44,5 % des voix, devant la CDU (18,5 %), Die Linke (9,5 %), le SPD (8 %) et le BSW (5 %). La projection ZDF (Forschungsgruppe Wahlen) de 18 h 27 donnait l’AfD à 44,1 %. Ce sont des projections, pas des résultats définitifs : ceux-ci ne seront connus qu’après le dépouillement complet.
Qui est Ulrich Siegmund, la tête de liste de l’AfD ?
Né en 1990 à Havelberg, ancien entrepreneur passé par le commerce, Ulrich Siegmund siège au Landtag de Saxe-Anhalt depuis 2016 et co-préside le groupe AfD. Très actif sur TikTok, il a fait la une du Spiegel à la mi-août 2026, l’hebdomadaire le qualifiant d’« homme le plus dangereux d’Allemagne ». L’AfD de Saxe-Anhalt est classée « mouvement extrémiste de droite avéré » par le renseignement intérieur régional depuis novembre 2023.
L’AfD peut-elle diriger la Saxe-Anhalt sans majorité absolue ?
Tous les autres partis ont exclu de gouverner avec elle. Selon les projections rapportées par franceinfo, l’AfD obtiendrait 39 à 41 sièges, sous la majorité absolue de 42. La constitution du Land prévoit qu’à partir du troisième tour de l’élection du ministre-président au Landtag, une majorité simple suffit — le comportement des autres groupes, notamment du BSW s’il franchit les 5 %, pourrait alors peser. La répartition définitive des sièges n’est pas connue à cette heure.
À retenir
Selon les premières projections publiées le dimanche 6 septembre 2026 par l’ARD (18 h) et la ZDF (Hochrechnung de 18 h 27), l’AfD d’Ulrich Siegmund arrive très largement en tête des élections régionales de Saxe-Anhalt, autour de 44 % (44,5 % pour l’ARD, 44,1 % pour la ZDF), devant la CDU du ministre-président sortant Sven Schulze (18,5 %). Avec 39 à 41 sièges projetés, l’AfD resterait sous la majorité absolue (42 sièges). Tous les autres partis ayant exclu de gouverner avec elle, la formation du prochain exécutif régional reste ouverte — jusqu’au scénario d’un troisième tour au Landtag, où la majorité simple suffit. Ces chiffres sont des projections : les résultats définitifs ne seront connus qu’après le dépouillement complet.




