L’escalade se poursuit au Proche-Orient. Dans la nuit de mardi à ce mercredi 2 septembre, l’Iran a lancé des missiles et des drones contre des bases militaires américaines situées en Jordanie, à Bahreïn, en Irak et au Koweït, en riposte à une nouvelle série de frappes des États-Unis sur son territoire. Voici, point par point, ce que l’on sait — mis à jour ce jeudi 4 septembre — et ce qui reste à confirmer.
- ▸Les Gardiens de la révolution revendiquent des tirs de missiles et de drones contre des bases américaines en Jordanie, en Irak et à Bahreïn ; le Koweït dit également avoir été visé.
- ▸L’armée jordanienne affirme avoir détruit 10 missiles ; trois autres sont tombés loin des zones habitées, sans faire de victimes selon Amman.
- ▸Téhéran riposte à des frappes américaines qui ont tué, selon lui, 4 militaires à Kermanshah et au moins 5 civils lors d’un mariage à Sirik — des bilans invérifiables de source indépendante.
- ▸Le baril de Brent a dépassé 95 dollars mercredi, son plus haut niveau depuis fin juillet.
- ▸Depuis : Donald Trump se dit prêt à frapper de nouveau l’Iran « à tout moment », et la Corée du Sud prépare une contribution militaire dans le détroit d’Ormuz.
Ce qui a changé depuis : le point au jeudi 4 septembre #
Mercredi, Donald Trump s’est dit prêt à frapper de nouveau l’Iran « à tout moment », au lendemain d’une nouvelle salve de frappes américaines sur des sites de défense antiaérienne iraniens, rapportent franceinfo et CNews.
Le vice-président américain JD Vance a de son côté affirmé mercredi qu’il ne qualifierait pas l’affrontement avec Téhéran de « guerre », et exclu tout enlisement prolongé des États-Unis au Moyen-Orient, selon CNN et Fox News — alors que Washington et l’Iran ont échangé des tirs plusieurs jours d’affilée cette semaine.
Jeudi matin, la présidence sud-coréenne a indiqué que le pays envisageait d’apporter sa « contribution » à la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz : plusieurs médias sud-coréens évoquent l’envoi possible d’un avion de patrouille maritime, d’un navire de soutien logistique ou d’une unité de déminage, sous réserve de l’accord du Parlement, selon France 24 et Bloomberg. Séoul précise qu’aucune décision définitive n’a été prise.
Sur le plan diplomatique, Xi Jinping a effectué les 1er et 2 septembre sa première visite en Égypte depuis dix ans. Reçu au Caire par le président Abdel Fattah al-Sissi, le dirigeant chinois a appelé, selon une dépêche AFP, à « défendre le principe selon lequel les peuples du Moyen-Orient sont maîtres de leurs propres affaires » et à s’« opposer aux ingérences extérieures », les deux dirigeants plaidant pour des « solutions diplomatiques » au conflit, rapporte aussi Jeune Afrique.
Ce qui s’est passé dans la nuit du 1er au 2 septembre #
Selon franceinfo et France 24, les Gardiens de la révolution iraniens ont revendiqué tôt mercredi une « opération décisive de représailles » : des tirs de missiles balistiques et de drones contre des bases militaires américaines en Jordanie, en Irak et à Bahreïn, où les sirènes d’alerte ont retenti au petit matin. Le Koweït a de son côté indiqué avoir été visé par des missiles et des drones.
En Jordanie, la chaîne Al Jazeera évoque des tirs revendiqués contre la base aérienne Prince Hassan et une base de Marines américains.
« Des représailles « plus larges et plus destructrices » si les attaques américaines se poursuivent. »— Le porte-parole du commandement militaire iranien, cité par franceinfo
Des dégâts encore difficiles à évaluer #
Le bilan le plus précis vient d’Amman : l’armée jordanienne affirme avoir détruit 10 missiles tirés depuis l’Iran, trois autres s’étant écrasés loin des zones habitées. Aucune victime n’a été annoncée côté jordanien.
À Bahreïn, en Irak et au Koweït, ni les autorités locales ni Washington n’avaient communiqué de bilan détaillé au dernier point de mercredi 2 septembre à la mi-journée. Prudence donc : dans ce type de situation, les premiers chiffres évoluent souvent.
Pourquoi cette riposte, et pourquoi maintenant #
Cette attaque répond à une deuxième salve de frappes américaines en quelques jours sur le territoire iranien, mardi soir, après celle qui avait visé l’île de Larak le 30 août. Selon les Gardiens de la révolution, les frappes de mardi ont tué 4 militaires dans la région de Kermanshah ; des sources iraniennes citées par Al Jazeera font également état d’au moins 5 civils tués lors d’une cérémonie de mariage à Sirik, dans le sud du pays. Ces bilans n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.
Le porte-parole du commandement militaire iranien a menacé de représailles « plus larges et plus destructrices » si les attaques américaines se poursuivaient, un avertissement adressé aussi à « tout pays coopérant » avec l’armée américaine.
Le pétrole s’envole — et vous êtes concerné #
Conséquence immédiate : le baril de Brent a dépassé 95 dollars mercredi 2 septembre, au plus haut depuis fin juillet. En cause, la crainte pour le détroit d’Ormuz, ce couloir maritime entre l’Iran et la péninsule arabique par lequel transite environ un tiers du pétrole transporté par voie maritime dans le monde.
Concrètement pour les Français : si le baril reste durablement à ce niveau, la hausse finira par se voir à la pompe et sur le fioul domestique dans les prochaines semaines. Rien ne change en revanche du jour au lendemain, les prix affichés reflétant des stocks achetés plus tôt.
Questions fréquentes #
Pourquoi l’Iran a-t-il frappé des bases américaines dans le Golfe ?
Téhéran présente ces tirs comme une riposte à une deuxième salve de frappes américaines en quelques jours sur son territoire, qui auraient tué des militaires à Kermanshah et des civils lors d’un mariage à Sirik, selon des bilans iraniens invérifiables de source indépendante.
Y a-t-il des victimes après les frappes iraniennes de mercredi 2 septembre ?
Au dernier point de mercredi 2 septembre à la mi-journée, aucune victime n’était confirmée : l’armée jordanienne affirme avoir détruit 10 missiles, trois autres étant tombés loin des zones habitées. Bahreïn, l’Irak et le Koweït n’avaient pas communiqué de bilan détaillé.
Quelles conséquences concrètes pour la France ?
La principale conséquence immédiate est économique : le baril de Brent a dépassé mercredi 2 septembre les 95 dollars, au plus haut depuis fin juillet. Si les tensions durent, la hausse pourrait se répercuter sur les prix des carburants et du fioul dans les prochaines semaines.
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