Désarmement du Hamas : ce que dit l’accord annoncé par Trump, et ce qu’Israël n’a pas approuvé

Donald Trump a annoncé le 30 juillet 2026 un accord sur le « désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza », mais Israël ne l’a pas approuvé : le bureau de Benyamin Netanyahou juge que le texte ne répond pas à son exigence d’une démilitarisation totale avant tout retrait.

En bref #

  • Le document n’est pas un traité signé, mais une feuille de route en 15 points du « Conseil de la paix », l’instance présidée par Donald Trump.
  • Le Hamas l’a acceptée. Israël ne l’a pas approuvée.
  • Le blocage porte sur l’ordre des étapes : désarmement d’abord pour Israël, retrait d’abord pour le Hamas.
  • Un délai de 14 jours court pour fixer le calendrier. Au-delà, aucune échéance ferme.

Ce que dit l’accord, point par point #

Le 30 juillet 2026 au soir, Donald Trump publie sur son réseau Truth Social que le « Conseil de la paix » est parvenu à un accord sur « le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza ». Il écrit également, en anglais : « This is a major milestone in the implementation of the Trump 20-Point Plan », soit une étape majeure dans la mise en œuvre de son plan en 20 points.

Le « Conseil de la paix » (Board of Peace) est une instance créée par Donald Trump, présentée le 17 janvier 2026 à Davos et adossée à l’endossement de son plan pour Gaza par le Conseil de sécurité de l’ONU. Trump la préside. Y siègent notamment le secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, l’émissaire Steve Witkoff, Jared Kushner et le président de la Banque mondiale Ajay Banga. Aucun Palestinien n’en fait partie. L’ancien émissaire de l’ONU Nickolay Mladenov en est le haut représentant pour Gaza.

Ce qui a été rendu public le 30 juillet est une feuille de route en 15 points, dont voici l’ossature :

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Point 6 : « une autorité, une loi, une arme ». Une seule autorité légale à Gaza, un seul cadre juridique, une seule chaîne de contrôle des armes — de quoi sortir de la coexistence de plusieurs groupes armés autonomes.

Point 8 : les armes lourdes. Un processus de démantèlement et de stockage des armes lourdes, des sites de production militaire, des dépôts et des tunnels, lié par étapes au retrait israélien.

Point 9 : les armes personnelles. Elles restent soumises aux lois palestiniennes, le NCAG étant la seule autorité d’enregistrement : elles ne sont donc pas détruites, mais enregistrées. C’est la zone la plus floue du texte — un désarmement « complet » des groupes armés ne signifie pas la disparition de toutes les armes de la bande.

Point 12 : la Force internationale de stabilisation (ISF). Une force multinationale, non encore déployée, chargée de séparer les forces israéliennes des zones tenues par le NCAG, de former une police palestinienne et de sécuriser l’aide humanitaire. Environ 5 000 hommes ont été promis, avec le Maroc, le Kosovo, l’Albanie et le Kazakhstan parmi les contributeurs annoncés.

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Point 13 : le retrait israélien. Par étapes, selon un calendrier restant à convenir.

Un Comité international de vérification (IVC) — représentants du Conseil de la paix, États garants, ISF — doit certifier chaque étape avant le passage à la suivante.

Qui l’a approuvé, qui ne l’a pas approuvé #

Les médiateurs de ce dossier sont l’Égypte, le Qatar, la Turquie et les États-Unis. Le Hamas a confirmé auprès de l’AFP qu’un accord avait été trouvé sur la question des armes, assorti d’« un retrait progressif » des forces israéliennes. Ghazi Hamad, membre de l’équipe de négociation du mouvement, a déclaré : « Nous devons nous mettre d’accord sur chaque détail. »

Côté israélien, la lecture est différente. Le bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahou a fait savoir que le texte ne répondait pas aux exigences israéliennes d’une démilitarisation complète de Gaza. Une source politique israélienne, citée par l’AFP, déclarait : « Il n’y aura aucun retrait sans véritable désarmement du Hamas. » Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, a jugé l’accord « inacceptable pour Israël » et affirmé que « cesser les combats à Gaza revient à accepter que le Hamas prépare le prochain massacre ».

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Donald Trump, lui, a déclaré devant la presse à Camp David : « On a une entente avec Israël. Israël en est très content. » Aucune approbation formelle du gouvernement israélien n’a été rendue publique à ce stade.

Ce qui est acquis, ce qui ne l’est pas #

Ce qui est acquis Ce qui ne l’est pas
Une feuille de route écrite en 15 points existe. Ce n’est pas un traité signé par Israël et le Hamas.
Le Hamas a accepté le principe du désarmement et dissous son organe civil. Israël n’a pas approuvé le texte.
Les armes ne seront pas remises à Israël, mais stockées sur place sous contrôle du NCAG. Le sort des armes personnelles : enregistrées, pas détruites.
Un délai de 14 jours court pour arrêter le calendrier et lancer l’inventaire. Aucune échéance ferme au-delà ; les estimations de durée divergent.
Le NCAG et l’ISF sont désignés comme structures de sortie de crise. Le NCAG n’est jamais entré à Gaza, l’ISF n’est pas déployée.

Le point de blocage : l’ordre des étapes #

Tout tient à une question très concrète : quoi d’abord, le désarmement ou le retrait ?

Israël demande une démilitarisation complète avant tout retrait significatif, y compris au-delà de la « ligne jaune » — la ligne de déploiement fixée par le cessez-le-feu d’octobre 2025. Le Hamas fait l’inverse : il conditionne la remise de ses armes à l’arrêt des opérations israéliennes, à une hausse de l’aide humanitaire, à un retrait complet et au démarrage de la reconstruction. La feuille de route lie bien les deux mouvements étape par étape, sous contrôle de l’IVC, mais ne dit pas lequel enclenche la séquence. C’est ce que les 14 prochains jours doivent trancher.

Le NCAG, la structure qui n’est pas encore sur place #

Le NCAG, ou Comité national palestinien pour l’administration de Gaza, est un comité de technocrates sans étiquette partisane créé début 2026. Il a tenu sa première réunion au Caire le 15 janvier 2026 et ses membres sont toujours en Égypte : ils n’ont, à ce jour, jamais pu entrer dans la bande de Gaza. C’est pourtant à lui que le texte confie l’essentiel — institutions civiles, services publics, police, enregistrement des armes, sécurité intérieure.

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Le calendrier, c’est-à-dire l’absence de calendrier ferme #

Un délai de 14 jours est prévu pour arrêter le calendrier détaillé et lancer l’inventaire des armes. Au-delà, le document ne fixe aucune échéance contraignante, et les estimations de durée totale divergent : environ 200 à 350 jours selon des responsables cités par le Times of Israel, environ 200 à 300 jours selon Al Jazeera, sept à huit mois selon une estimation préliminaire du Long War Journal. Ce sont des projections, pas des engagements inscrits dans le texte.

Ce que cela change sur le terrain à ce stade #

À ce jour, rien n’a changé militairement : l’ISF n’est pas déployée, le NCAG n’est pas à Gaza, aucun calendrier de retrait n’est signé. La part du territoire sous contrôle israélien est elle-même incertaine et les sources ne concordent pas — le Deseret News évoque « plus de 60 % » de la bande à la mi-juillet 2026, quand le Times of Israel fait état de 53 % au tracé initial de la ligne jaune, puis d’une extension à environ 70 %. Aucune de ces évaluations n’a été confirmée conjointement par les parties.

Enfin, un point souvent perdu dans les titres : cette feuille de route n’ouvre pas une nouvelle phase. Le cessez-le-feu d’octobre 2025 est entré en deuxième phase — démilitarisation, retrait israélien, gouvernance de transition, reconstruction — dès janvier 2026. Le texte du 30 juillet en est le mécanisme d’application, cette phase n’ayant jamais démarré.

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Questions fréquentes #

Israël a-t-il signé l’accord annoncé par Donald Trump ?

Non. Le bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahou a fait savoir que la feuille de route ne répondait pas aux exigences israéliennes d’une démilitarisation complète de Gaza, et aucune approbation formelle n’a été rendue publique.

Le Hamas doit-il remettre toutes ses armes ?

Non, pas selon le texte publié. Les armes lourdes, les sites de production, les dépôts et les tunnels doivent être démantelés et stockés sous contrôle du NCAG. Les armes personnelles restent soumises aux lois palestiniennes et sont seulement enregistrées. Aucune arme ne doit être remise à Israël.

Quand le désarmement doit-il commencer ?

Un délai de 14 jours court pour arrêter le calendrier détaillé et lancer l’inventaire des armes. Au-delà, le document ne fixe aucune échéance contraignante, et les estimations de durée totale vont d’environ 200 jours à huit mois selon les sources.

À retenir #

  • Un cadre écrit existe pour désarmer le Hamas et organiser un retrait par étapes, mais ce n’est pas un accord de paix et Israël ne l’a pas approuvé.
  • Le blocage n’est pas le principe du désarmement, que le Hamas a accepté, mais l’ordre des opérations.
  • Sur le terrain, ni le NCAG ni la Force internationale de stabilisation ne sont en place.

Sources : déclarations de Donald Trump (Truth Social et presse, 30 juillet 2026), texte de la feuille de route du Conseil de la paix, dépêches AFP, Times of Israel, Al Jazeera, Long War Journal, Deseret News (31 juillet 2026).

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