Crise de Ceuta : jusqu’à 60 000 migrants entrés en 24 heures, Pedro Sánchez sur place

La crise migratoire de Ceuta a changé d’échelle : selon le ministère espagnol de l’Intérieur, environ 49 000 personnes sont entrées dans l’enclave en 24 heures entre jeudi et vendredi — Euronews évoque même au moins 60 000 arrivées —, un record absolu pour cette frontière, et Pedro Sánchez s’est rendu sur place ce vendredi 31 juillet 2026. Pour donner l’échelle : Ceuta compte environ 85 000 habitants — c’est donc l’équivalent de plus de la moitié de la population de la ville qui est arrivé en une seule journée. Environ 25 000 personnes avaient déjà été ramenées au Maroc vendredi, selon Euronews.

Ceuta, ville autonome espagnole d’environ 85 000 habitants située sur la côte nord du Maroc, face au détroit de Gibraltar, forme avec Melilla l’une des deux seules frontières terrestres entre l’Afrique et l’Union européenne. Selon le gouvernement local, entre 1 500 et 2 000 personnes sont entrées dans l’enclave en une dizaine de jours, auxquelles se sont ajoutées « des centaines » jeudi.

Mise à jour — vendredi 31 juillet dans l’après-midi

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  • Un afflux sans aucun précédent : le ministère espagnol de l’Intérieur estime à environ 49 000 le nombre d’entrées à Ceuta sur les dernières 24 heures ; Euronews évoque au moins 60 000 arrivées, et environ 25 000 personnes déjà ramenées au Maroc. La crise de mai 2021 (10 000 entrées en deux jours) est très largement dépassée.
  • Le bilan humain reste divergent, aucun décompte consolidé : les autorités ont fait état d’au moins 18 morts lors des traversées de jeudi (noyades et mouvements de foule au niveau du môle du Tarajal, selon Al Jazeera) ; des sources policières citées par Euronews et CNN évoquent 34 morts. Les deux décomptes coexistent à ce stade et aucun bilan officiel consolidé n’a été publié.
  • Pedro Sánchez est arrivé à Ceuta vendredi. À son arrivée, il a déclaré, à propos de ses échanges avec Rabat : « ce qui ressort de nos discussions avec les autorités marocaines, c’est que les mafias de trafiquants ont fait une interprétation intéressée d’une décision de la Cour suprême » (propos traduits de l’espagnol, rapportés par Euronews). Cette décision, rendue début juillet, interdit de renvoyer au Maroc les migrants interceptés en mer vers Ceuta ou Melilla.
  • Selon Euronews, seuls 55 agents se trouvaient en première ligne au moment où la situation a basculé, un effectif jugé « trois à quatre fois » insuffisant ; l’armée participe désormais aux reconduites vers la frontière.

En bref (situation de jeudi)

  • Madrid a annoncé jeudi l’envoi de militaires à Ceuta en appui de la Guardia Civil ; le ministère de l’Intérieur évoque 60 militaires en renfort à la frontière.
  • 1 500 à 2 000 personnes sont entrées en dix jours selon le gouvernement local, plus « des centaines » jeudi, à la nage ou avec des flotteurs, en contournant la digue jusqu’à la plage du Tarajal.
  • Bilan humain encore incertain : au moins neuf morts jeudi selon les autorités espagnoles ; la télévision publique RTVE évoque au moins dix morts, et El Nacional « au moins 15 décès signalés » depuis le début de la crise.
  • À Melilla, le poste-frontière de Beni Enzar a été fermé jeudi après une tentative d’entrée d’un groupe de migrants ; Pedro Sánchez est attendu à Ceuta vendredi 31 juillet.

Ce qui s’est passé jeudi à Ceuta #

Depuis une dizaine de jours, le gouvernement local de Ceuta recense entre 1 500 et 2 000 entrées, principalement par la mer. Jeudi 30 juillet, le rythme s’est brutalement accéléré : des centaines de personnes supplémentaires sont arrivées en quelques heures, à la nage ou à l’aide de flotteurs, en contournant la digue qui s’avance dans la mer pour rejoindre la plage du Tarajal, selon NBC News et Euronews.

Cité par Al Jazeera, un porte-parole de la Guardia Civil a évoqué une accélération des tentatives d’entrée après une décision de la Cour suprême espagnole, sans que ce lien ait été détaillé publiquement à ce stade.

Un bilan humain encore incertain #

Le bilan de la journée de jeudi n’est pas stabilisé. Les autorités espagnoles font état d’au moins neuf morts lors des traversées, un chiffre repris par Euronews et NBC News. La télévision publique espagnole RTVE évoque de son côté au moins dix morts. Le quotidien El Nacional fait état, lui, d’« au moins 15 décès signalés » depuis le début de la crise, un décompte qui porte sur une période plus longue et que les autorités n’ont pas confirmé.

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Au-delà de cet épisode, Euronews rappelle que cette route migratoire a fait plus de 60 morts en douze mois.

L’armée en appui de la Guardia Civil #

Le gouvernement espagnol a annoncé jeudi le déploiement de l’armée à Ceuta pour épauler la Guardia Civil. Le ministère de l’Intérieur évoque 60 militaires envoyés en renfort à la frontière. Il s’agit d’un appui aux forces de sécurité déjà présentes, dans une ville dont les capacités d’accueil sont saturées.

Le président de la ville autonome, Jesús Vivas, a décrit une situation d’« urgence humanitaire et sociale absolue » — des propos traduits de l’espagnol, rapportés par Al Jazeera et NBC News — et a demandé l’aide de Madrid.

Signe de la dimension nationale prise par la crise, le président du gouvernement Pedro Sánchez est attendu à Ceuta ce vendredi 31 juillet, selon Euronews et NBC News.

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Reportage de France 24 sur les arrivées de migrants à Ceuta (49 934 vues, publié le 30 juillet 2026).

Melilla ferme le poste-frontière de Beni Enzar #

La tension s’étend à Melilla, l’autre enclave espagnole de la côte nord-africaine. Le poste-frontière de Beni Enzar, seul passage opérationnel avec le Maroc, a été fermé jeudi après une tentative d’entrée d’un groupe de migrants, rapporte El Nacional. La zone frontalière est placée sous surveillance renforcée, avec des drones et des hélicoptères, et les autorités ont appelé les habitants à ne pas s’approcher du périmètre.

Madrid et Rabat s’accordent pour « accélérer les retours » #

Sur le plan diplomatique, l’Espagne et le Maroc ont annoncé un accord pour « accélérer les retours » des personnes entrées à Ceuta, selon Euronews. Ni calendrier ni chiffres n’ont été rendus publics à ce stade.

En Italie, Tajani et Meloni haussent le ton #

La crise suscite des réactions au-delà de l’Espagne. Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani s’est dit favorable à une fermeture de l’espace Schengen à l’Espagne, rapporte Euronews. La présidente du Conseil Giorgia Meloni a de son côté évoqué des « mesures extraordinaires », sans en préciser le contenu. Il s’agit à ce stade de déclarations politiques : aucune décision n’a été prise au niveau de l’Union européenne.

Un précédent : la crise de mai 2021 #

Ceuta a déjà connu un afflux massif : en mai 2021, environ 10 000 personnes étaient entrées dans l’enclave en deux jours, rappellent Euronews et Al Jazeera. L’armée avait alors déjà été mobilisée. La crise actuelle s’en distingue par son étalement — dix jours d’arrivées soutenues — et par son bilan humain.

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Chronologie de la crise #

DateÉvénement
Vers le 20 juilletDébut d’une série d’arrivées soutenues : 1 500 à 2 000 entrées recensées en une dizaine de jours par le gouvernement local de Ceuta, principalement par la mer.
Jeudi 30 juillet« Des centaines » d’entrées supplémentaires par la plage du Tarajal ; au moins neuf morts selon les autorités espagnoles ; annonce du déploiement de 60 militaires.
Jeudi 30 juillet (soirée)Fermeture du poste-frontière de Beni Enzar à Melilla ; surveillance par drones et hélicoptères. Accord Madrid–Rabat pour « accélérer les retours ».
Nuit de jeudi à vendrediBascule massive : environ 49 000 entrées en 24 heures selon le ministère espagnol de l’Intérieur, au moins 60 000 selon Euronews — du jamais-vu sur cette frontière.
Vendredi 31 juilletPedro Sánchez sur place à Ceuta ; environ 25 000 personnes déjà ramenées au Maroc selon Euronews ; bilans divergents de 18 à 34 morts selon les sources, sans décompte officiel consolidé.

Questions fréquentes #

Pourquoi Ceuta est-elle espagnole ?

Ceuta est sous contrôle espagnol depuis plusieurs siècles et a le statut de ville autonome au sein de l’Espagne. Située sur la côte nord du Maroc, à l’entrée du détroit de Gibraltar, elle fait partie de l’Union européenne et constitue, avec Melilla, l’une des deux seules frontières terrestres entre l’Afrique et l’UE.

Combien de personnes sont entrées à Ceuta ces derniers jours ?

Après une dizaine de jours à 1 500-2 000 entrées au total, la situation a basculé entre jeudi 30 et vendredi 31 juillet : le ministère espagnol de l’Intérieur estime à environ 49 000 le nombre d’entrées en 24 heures, et Euronews évoque au moins 60 000 arrivées, dont environ 25 000 personnes déjà ramenées au Maroc. C’est très au-delà du précédent de mai 2021 (environ 10 000 entrées en deux jours).

Que prévoit l’accord entre Madrid et Rabat ?

L’Espagne et le Maroc ont annoncé un accord pour « accélérer les retours » des personnes entrées à Ceuta, selon Euronews. Aucun calendrier ni chiffre n’a été rendu public pour le moment.

À retenir

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La crise de Ceuta est devenue vendredi 31 juillet la plus grosse crise migratoire jamais enregistrée à cette frontière : environ 49 000 entrées en 24 heures selon le ministère espagnol de l’Intérieur, au moins 60 000 selon Euronews — soit plus de la moitié de la population de l’enclave arrivée en une journée —, et environ 25 000 personnes déjà ramenées au Maroc. Le bilan humain reste divergent (au moins 18 morts selon les autorités, 34 selon des sources policières citées par Euronews et CNN), sans décompte officiel consolidé. Pedro Sánchez, sur place, met en cause « les mafias de trafiquants » et leur « interprétation intéressée » d’une décision de la Cour suprême qui interdit depuis début juillet de renvoyer au Maroc les migrants interceptés en mer.

Sources : Al Jazeera (30 juillet 2026) · NBC News (30 juillet 2026) · Euronews (30 juillet 2026) · El Nacional (30 juillet 2026) · Euronews (31 juillet 2026).

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