Ceuta : l’Espagne déploie l’armée après l’entrée de milliers de migrants depuis le Maroc

L’Espagne a annoncé jeudi 30 juillet 2026 le déploiement de l’armée à Ceuta, en appui de la Guardia Civil, après l’entrée de plusieurs centaines de migrants en une journée dans l’enclave ; les autorités espagnoles font état d’au moins neuf morts jeudi lors des traversées. Le chef du gouvernement Pedro Sánchez est attendu sur place ce vendredi 31 juillet.

Ceuta, ville autonome espagnole d’environ 85 000 habitants située sur la côte nord du Maroc, face au détroit de Gibraltar, forme avec Melilla l’une des deux seules frontières terrestres entre l’Afrique et l’Union européenne. Selon le gouvernement local, entre 1 500 et 2 000 personnes sont entrées dans l’enclave en une dizaine de jours, auxquelles se sont ajoutées « des centaines » jeudi.

En bref

À lire Japon : séisme de magnitude 7,1 à Kumamoto, secousse maximale et avis de tsunami sur les côtes de Kyushu

  • Madrid a annoncé jeudi l’envoi de militaires à Ceuta en appui de la Guardia Civil ; le ministère de l’Intérieur évoque 60 militaires en renfort à la frontière.
  • 1 500 à 2 000 personnes sont entrées en dix jours selon le gouvernement local, plus « des centaines » jeudi, à la nage ou avec des flotteurs, en contournant la digue jusqu’à la plage du Tarajal.
  • Bilan humain encore incertain : au moins neuf morts jeudi selon les autorités espagnoles ; la télévision publique RTVE évoque au moins dix morts, et El Nacional « au moins 15 décès signalés » depuis le début de la crise.
  • À Melilla, le poste-frontière de Beni Enzar a été fermé jeudi après une tentative d’entrée d’un groupe de migrants ; Pedro Sánchez est attendu à Ceuta vendredi 31 juillet.

Ce qui s’est passé jeudi à Ceuta #

Depuis une dizaine de jours, le gouvernement local de Ceuta recense entre 1 500 et 2 000 entrées, principalement par la mer. Jeudi 30 juillet, le rythme s’est brutalement accéléré : des centaines de personnes supplémentaires sont arrivées en quelques heures, à la nage ou à l’aide de flotteurs, en contournant la digue qui s’avance dans la mer pour rejoindre la plage du Tarajal, selon NBC News et Euronews.

Cité par Al Jazeera, un porte-parole de la Guardia Civil a évoqué une accélération des tentatives d’entrée après une décision de la Cour suprême espagnole, sans que ce lien ait été détaillé publiquement à ce stade.

Un bilan humain encore incertain #

Le bilan de la journée de jeudi n’est pas stabilisé. Les autorités espagnoles font état d’au moins neuf morts lors des traversées, un chiffre repris par Euronews et NBC News. La télévision publique espagnole RTVE évoque de son côté au moins dix morts. Le quotidien El Nacional fait état, lui, d’« au moins 15 décès signalés » depuis le début de la crise, un décompte qui porte sur une période plus longue et que les autorités n’ont pas confirmé.

Au-delà de cet épisode, Euronews rappelle que cette route migratoire a fait plus de 60 morts en douze mois.

À lire Incendies en Afrique du Nord : l’Algérie endeuillée, la Tunisie et le Maroc en alerte sous près de 50 °C

L’armée en appui de la Guardia Civil #

Le gouvernement espagnol a annoncé jeudi le déploiement de l’armée à Ceuta pour épauler la Guardia Civil. Le ministère de l’Intérieur évoque 60 militaires envoyés en renfort à la frontière. Il s’agit d’un appui aux forces de sécurité déjà présentes, dans une ville dont les capacités d’accueil sont saturées.

Le président de la ville autonome, Jesús Vivas, a décrit une situation d’« urgence humanitaire et sociale absolue » — des propos traduits de l’espagnol, rapportés par Al Jazeera et NBC News — et a demandé l’aide de Madrid.

Signe de la dimension nationale prise par la crise, le président du gouvernement Pedro Sánchez est attendu à Ceuta ce vendredi 31 juillet, selon Euronews et NBC News.

Reportage de France 24 sur les arrivées de migrants à Ceuta (49 934 vues, publié le 30 juillet 2026).

Melilla ferme le poste-frontière de Beni Enzar #

La tension s’étend à Melilla, l’autre enclave espagnole de la côte nord-africaine. Le poste-frontière de Beni Enzar, seul passage opérationnel avec le Maroc, a été fermé jeudi après une tentative d’entrée d’un groupe de migrants, rapporte El Nacional. La zone frontalière est placée sous surveillance renforcée, avec des drones et des hélicoptères, et les autorités ont appelé les habitants à ne pas s’approcher du périmètre.

À lire Trump menace l’UE de nouveaux droits de douane après l’amende de 890 millions d’euros infligée à Google

Madrid et Rabat s’accordent pour « accélérer les retours » #

Sur le plan diplomatique, l’Espagne et le Maroc ont annoncé un accord pour « accélérer les retours » des personnes entrées à Ceuta, selon Euronews. Ni calendrier ni chiffres n’ont été rendus publics à ce stade.

En Italie, Tajani et Meloni haussent le ton #

La crise suscite des réactions au-delà de l’Espagne. Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani s’est dit favorable à une fermeture de l’espace Schengen à l’Espagne, rapporte Euronews. La présidente du Conseil Giorgia Meloni a de son côté évoqué des « mesures extraordinaires », sans en préciser le contenu. Il s’agit à ce stade de déclarations politiques : aucune décision n’a été prise au niveau de l’Union européenne.

Un précédent : la crise de mai 2021 #

Ceuta a déjà connu un afflux massif : en mai 2021, environ 10 000 personnes étaient entrées dans l’enclave en deux jours, rappellent Euronews et Al Jazeera. L’armée avait alors déjà été mobilisée. La crise actuelle s’en distingue par son étalement — dix jours d’arrivées soutenues — et par son bilan humain.

Chronologie de la crise #

DateÉvénement
Vers le 20 juilletDébut d’une série d’arrivées soutenues : 1 500 à 2 000 entrées recensées en une dizaine de jours par le gouvernement local de Ceuta, principalement par la mer.
Jeudi 30 juillet« Des centaines » d’entrées supplémentaires par la plage du Tarajal ; au moins neuf morts selon les autorités espagnoles ; annonce du déploiement de 60 militaires.
Jeudi 30 juillet (soirée)Fermeture du poste-frontière de Beni Enzar à Melilla ; surveillance par drones et hélicoptères. Accord Madrid–Rabat pour « accélérer les retours ».
Vendredi 31 juilletVisite attendue de Pedro Sánchez à Ceuta.

Questions fréquentes #

Pourquoi Ceuta est-elle espagnole ?

Ceuta est sous contrôle espagnol depuis plusieurs siècles et a le statut de ville autonome au sein de l’Espagne. Située sur la côte nord du Maroc, à l’entrée du détroit de Gibraltar, elle fait partie de l’Union européenne et constitue, avec Melilla, l’une des deux seules frontières terrestres entre l’Afrique et l’UE.

À lire Destitution du président hongrois : Tamas Sulyok signe l’amendement qui met fin à son mandat

Combien de personnes sont entrées à Ceuta ces derniers jours ?

Entre 1 500 et 2 000 personnes sont entrées à Ceuta en une dizaine de jours, selon le gouvernement local, auxquelles s’ajoutent « des centaines » de personnes arrivées jeudi 30 juillet, principalement à la nage ou avec des flotteurs par la plage du Tarajal.

Que prévoit l’accord entre Madrid et Rabat ?

L’Espagne et le Maroc ont annoncé un accord pour « accélérer les retours » des personnes entrées à Ceuta, selon Euronews. Aucun calendrier ni chiffre n’a été rendu public pour le moment.

À retenir

L’Espagne a envoyé 60 militaires en appui de la Guardia Civil à Ceuta après dix jours d’arrivées massives — 1 500 à 2 000 entrées selon le gouvernement local, plus « des centaines » jeudi. Le bilan humain reste incertain : au moins neuf morts jeudi selon les autorités espagnoles, au moins dix selon RTVE, et « au moins 15 décès signalés » depuis le début de la crise selon El Nacional. Pedro Sánchez est attendu sur place vendredi 31 juillet, tandis que Madrid et Rabat annoncent vouloir « accélérer les retours ».

À lire Dépassement de séjour touristique en France : ce que vous devez savoir

Sources : Al Jazeera (30 juillet 2026) · NBC News (30 juillet 2026) · Euronews (30 juillet 2026) · El Nacional (30 juillet 2026).

À lire aussi sur Touch Actu : notre point sur les incendies en Afrique du Nord, où le Maroc est en alerte sous près de 50 °C, et notre article sur les menaces de nouveaux droits de douane de Donald Trump contre l’Union européenne.

Touch Actu est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :

Nos recommandations : forfaits de référencement Googledéveloppeur web freelance