Sept mois après le début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, le conflit est à un tournant : Donald Trump a évoqué le 18 septembre un « moment charnière » sur une éventuelle reprise des frappes, tandis que Téhéran se dit prêt à revenir au cessez-le-feu de juin. Entre diplomatie au point mort, ultimatum à un diplomate suédois et pressions chinoises sur les Houthis, voici où en est ce conflit qui pèse jusque sur le prix de votre plein. Mise à jour du 22 septembre : dimanche 20 septembre, sur Fox News, Donald Trump a résumé ses options à « anéantir l’Iran, le laisser pourrir économiquement ou conclure un accord », tandis que Téhéran affirme que le détroit d’Ormuz restera fermé et dit avoir « appris » que Washington prépare une reprise des frappes.
- ▸Donald Trump a déclaré à Axios approcher un « moment charnière » : reprendre les frappes ou poursuivre les négociations
- ▸Le président iranien Massoud Pezeshkian se dit prêt à revenir immédiatement au cessez-le-feu si Washington fait de même
- ▸Téhéran a donné 48 heures à un diplomate suédois pour quitter le pays
- ▸La Chine demande discrètement à l’Iran de freiner les Houthis pour protéger les routes de l’énergie
Trump durcit le ton, Téhéran verrouille Ormuz. Dimanche 20 septembre, interrogé par le correspondant de Fox News Trey Yingst, Donald Trump a déclaré se trouver en « mode décision » et a posé la question en ces termes : « si et quand est-ce que je fais sauter le pays tout entier ? », avant de résumer ses trois options — « anéantir l’Iran, le laisser pourrir économiquement ou conclure un accord » — et de prévenir que « de très grandes choses » allaient se produire si Téhéran ne se tenait pas « à carreau ». Il s’est dans le même temps dit prêt à rencontrer le président Massoud Pezeshkian cette semaine, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, où les deux hommes doivent prendre la parole.
En face, le quartier général central Khatam al-Anbiya, qui commande les forces armées iraniennes, a affirmé dimanche que les États-Unis « se préparent à reprendre les frappes » et a averti que tout pays prêtant son territoire ou ses installations serait « considéré comme complice » — une menace explicite pour les bases américaines de Bahreïn, de Jordanie ou d’Irak. Le porte-parole des Gardiens de la révolution Hossein Mohebbi a ajouté, via l’agence Fars, qu’en cas de « nouvelle agression », l’Iran changerait « les armes et la géographie de la guerre ». Le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf a de son côté confirmé que le détroit d’Ormuz resterait fermé tant que Washington n’aurait pas honoré ce que Téhéran présente comme ses engagements du mémorandum de juin.
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Le chiffre qui mesure l’étranglement : selon les données de navigation citées par Al Jazeera, 12 navires de marchandises ont franchi le détroit ce week-end, contre 35 le week-end précédent. Le détroit reste fermé à la navigation commerciale non escortée depuis une douzaine de jours. Le ton iranien a donc changé depuis le 18 septembre : à la main tendue de Pezeshkian a succédé, deux jours plus tard, un discours de Ghalibaf appelant à employer la force militaire avant la diplomatie. La perche n’est pas retirée — Trump comme Pezeshkian seront à New York — mais elle est désormais conditionnée.
Sources : Time (21 septembre 2026) · Al Jazeera (21 septembre 2026) · Fox News (extrait vidéo, 20 septembre 2026). Propos traduits de l’anglais par nos soins.
Plan de l'article
Un cessez-le-feu signé en juin, fissuré depuis juillet #
Le conflit a éclaté le 28 février 2026. Après plusieurs mois de frappes croisées, un cessez-le-feu intérimaire a été conclu le 12 juin, puis formalisé le 17 juin par le mémorandum d’Islamabad, signé par les présidents des deux pays : arrêt immédiat des hostilités et 60 jours pour négocier un accord de paix plus large.
L’accord s’est fissuré dès juillet. Depuis, des combats de basse intensité se poursuivent par intermittence : début septembre, l’armée américaine a de nouveau frappé des positions iraniennes, Washington promettant de répondre à toute riposte de Téhéran.
« Si les États-Unis reviennent à leurs engagements du mémorandum d’entente, la République islamique d’Iran fera immédiatement de même. »— Massoud Pezeshkian, président iranien
Trump face à un choix, Téhéran tend une perche #
Interrogé par le média américain Axios le 18 septembre, Donald Trump a indiqué approcher un « moment charnière » : reprendre les attaques ou non. Il a refusé de dire si sa décision tomberait avant ou après les élections de mi-mandat de novembre.
En face, le président iranien Massoud Pezeshkian affirme que son pays honorera de nouveau le mémorandum « immédiatement » si les États-Unis reviennent à leurs engagements. Les pourparlers techniques n’ont, eux, jamais totalement cessé.
Suède, Corée du Sud, Chine : les ondes de choc diplomatiques #
Le 18 septembre, Téhéran a donné 48 heures à un responsable suédois pour quitter le pays, accusant Stockholm de céder à des pressions extérieures.
La Corée du Sud a de son côté annoncé qu’elle n’enverrait pas de troupes, tout en étudiant un élargissement de la zone d’action d’un destroyer chargé d’escorter ses pétroliers et navires marchands.
Plus discrètement, la Chine a demandé à l’Iran, lors de la visite du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi à Pékin, d’aider à contenir les rebelles houthis afin d’éviter que le conflit ne s’étende aux routes de l’énergie.
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Et pour nous, concrètement ? #
Le principal effet ressenti en France passe par le prix de l’énergie. Les attaques de drones contre les infrastructures pétrolières de la région ont déjà fait repasser le baril au-dessus des 100 dollars début septembre. Une reprise franche des hostilités maintiendrait cette pression sur les carburants et le fret maritime, dont une partie contourne déjà la mer Rouge.
Questions fréquentes #
Le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran tient-il encore ?
Formellement signé le 17 juin 2026 via le mémorandum d’Islamabad, il s’est fissuré dès juillet. Des combats de basse intensité se poursuivent par intermittence, mais les discussions n’ont jamais totalement cessé. Depuis le 20 septembre, Téhéran conditionne toutefois la réouverture du détroit d’Ormuz au respect par Washington de ses engagements et affirme que les États-Unis préparent une reprise des frappes.
Pourquoi parle-t-on d’un « moment charnière » ?
Donald Trump a employé cette expression le 18 septembre 2026 auprès du média Axios : il dit approcher du moment de décider s’il relance les frappes contre l’Iran ou s’il poursuit la voie des négociations, sans préciser de calendrier. Le 20 septembre, sur Fox News, il s’est dit en « mode décision » entre trois options : anéantir l’Iran, le laisser pourrir économiquement ou conclure un accord, tout en se disant prêt à rencontrer le président Pezeshkian à l’ONU cette semaine.
Quelles conséquences pour la France ?
L’effet le plus direct concerne les prix de l’énergie : les attaques contre les infrastructures pétrolières de la région ont fait repasser le baril au-dessus des 100 dollars début septembre, ce qui se répercute sur les carburants et le transport de marchandises.




