L’Islande a convoqué l’ambassadeur des États-Unis à Reykjavik après la publication par Donald Trump, lundi 7 septembre sur son réseau Truth Social, d’une carte plaçant sous drapeau américain le Canada, le Groenland, le Mexique, l’Islande, l’Amérique centrale et une large partie des Caraïbes — dont cinq territoires français : la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Saint-Pierre-et-Miquelon. Mardi en fin d’après-midi, ni l’Élysée ni le Quai d’Orsay n’avaient réagi officiellement.
En bref #
- La carte a été publiée lundi 7 septembre sur Truth Social, sans légende, au milieu d’une centaine d’autres messages, selon les médias qui l’ont repérée.
- L’Islande a convoqué l’ambassadeur américain dès lundi, une démarche annoncée mardi par sa ministre des Affaires étrangères : l’image est jugée « totalement inappropriée ».
- Cinq territoires français apparaissent sous drapeau américain : Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Saint-Pierre-et-Miquelon.
- À l’heure de publication de cet article, aucune réaction officielle du gouvernement français n’était intervenue ; à gauche, La France insoumise a dénoncé ce silence.
Ce que montre exactement la carte #
Le visuel publié par le président américain représente les États-Unis étendus à au moins une douzaine de pays et territoires souverains ou autonomes. Selon le média ultramarin Outremers360, qui en a détaillé le contenu, le drapeau américain recouvre le Canada, le Mexique, le Groenland, l’Islande, mais aussi Haïti, Cuba, la Jamaïque, les Bahamas, le Belize, le Guatemala, le Salvador et le Honduras. Franceinfo relève par ailleurs que le golfe du Mexique y est désigné sous le nom de « golfe d’Amérique », conformément au renommage décrété côté américain.
Côté français, la carte absorbe sans distinction la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, cinq collectivités dont la souveraineté française ne fait l’objet d’aucun différend international.
Reykjavik convoque l’ambassadeur américain #
La réaction la plus ferme est venue de l’Islande. La ministre des Affaires étrangères, Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, a fait convoquer l’ambassadeur des États-Unis dès lundi, une démarche rendue publique mardi par son ministère.
« Pour lui signifier clairement que cette image était totalement inappropriée »
Une convocation d’ambassadeur est l’un des gestes diplomatiques formels les plus nets entre pays alliés : l’Islande, membre fondateur de l’OTAN, n’accueille aucune revendication américaine officielle sur son territoire. Au Danemark, dont dépend le Groenland, la Première ministre Mette Frederiksen a rappelé, selon des propos rapportés par l’AFP, que « le gouvernement et le peuple groenlandais ont répété à maintes reprises qu’ils ne souhaitaient pas devenir américains ».
Cinq territoires français concernés, silence officiel à Paris #
À la mi-journée mardi, franceinfo notait qu’aucune réaction officielle française n’avait suivi la publication. Ce silence a été critiqué à gauche : sur X, Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise, 2,68 millions d’abonnés sur le réseau) a écrit que « Trump publie une carte des États-Unis qui absorbe les îles françaises des Caraïbes », interpellant les autorités — « Et en France ? Quelqu’un proteste ? », selon les propos rapportés par Outremers360 — et réclamant, selon La Nouvelle Tribune, l’envoi du porte-avions pour « garder le contrôle de notre souveraineté ». Le député Aurélien Taché a de son côté déclaré, toujours selon Outremers360 : « Pendant que notre gouvernement continue de s’écraser face aux USA, Trump le dit : il veut les Antilles françaises ».
Aucune réaction d’élus de la majorité ou du gouvernement n’était recensée par ces mêmes sources à l’heure de publication. Cet article sera complété si Paris réagit officiellement.
Territoire par territoire : qui est concerné, qui a réagi #
| Territoire | Statut réel | Réaction officielle connue |
|---|---|---|
| Islande | État souverain, membre de l’OTAN | Ambassadeur américain convoqué lundi |
| Canada | État souverain | Aucune recensée par nos sources mardi ; contexte de guerre commerciale avec Washington |
| Groenland | Territoire autonome danois | Copenhague redit son refus de tout rattachement |
| Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon | Collectivités françaises | Aucune réaction officielle de Paris à l’heure de publication |
| Mexique, Amérique centrale, autres îles des Caraïbes | États souverains | Protestations rapportées côté mexicain, sans communiqué détaillé recensé |
Un visuel sans aucune portée juridique #
Pour les habitants des territoires concernés, cette carte ne change strictement rien : elle n’a aucune valeur juridique, n’engage aucune procédure et ne modifie ni les frontières, ni les statuts, ni la libre circulation. Il s’agit d’une image publiée sur un réseau social, sans texte d’accompagnement.
Elle s’inscrit en revanche dans une série de gestes récurrents du président américain : évocations répétées d’un Canada « 51e État », intérêt affiché pour le Groenland, renommages contestés — du golfe du Mexique au détroit d’Ormuz, dont nous avions suivi le bras de fer cet été — et pressions commerciales, comme les menaces de droits de douane brandies contre l’Union européenne en juillet. En février déjà, un visuel similaire diffusé par Truth Social plaçait le Canada et le Groenland sous drapeau américain, selon la chaîne canadienne CTV News.
FAQ #
La carte publiée par Donald Trump a-t-elle une valeur juridique ?
Non. Il s’agit d’une image publiée sur Truth Social, sans légende ni texte officiel. Elle ne modifie aucune frontière, aucun statut ni aucun traité, et n’engage aucune procédure d’annexion.
Quels territoires français apparaissent sous drapeau américain ?
Cinq collectivités : la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Saint-Pierre-et-Miquelon, selon franceinfo et Outremers360. Ni l’Élysée ni le Quai d’Orsay n’avaient réagi officiellement mardi en fin d’après-midi.
Comment l’Islande a-t-elle réagi ?
Reykjavik a convoqué l’ambassadeur des États-Unis dès lundi pour lui signifier que l’image était « totalement inappropriée », selon le ministère islandais des Affaires étrangères, qui a annoncé la démarche mardi.
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À retenir #
- Une carte publiée lundi 7 septembre par Donald Trump sur Truth Social place une douzaine de pays et territoires sous drapeau américain, dont cinq collectivités françaises.
- L’Islande a convoqué l’ambassadeur américain, seule riposte diplomatique formelle connue à ce stade ; le Danemark a redit son refus pour le Groenland.
- Paris n’avait pas réagi officiellement mardi en fin d’après-midi ; l’opposition de gauche dénonce ce silence.
- Le visuel n’a aucune portée juridique : rien ne change pour les habitants des territoires concernés.
Sources : franceinfo, Outremers360, Noovo Info (AFP), 20 minutes (Suisse), La Nouvelle Tribune.