Tensions au RN autour de Marion Maréchal : chronologie des faits, des démentis et de l’accord Bardella-Farage

Marion Maréchal fait parler d’elle parce que, selon Libération, la place que Marine Le Pen souhaite lui donner dans la campagne de 2027 aurait provoqué un vif désaccord avec Jordan Bardella — un récit que le président du Rassemblement national dément, pendant qu’un accord migratoire signé avec le Britannique Nigel Farage vaut par ailleurs au parti des critiques venues de tous les bords. Voici la chronologie précise de ces deux dossiers, qui se sont entremêlés tout le week-end : qui a rapporté quoi, qui a démenti quoi, et quand.

« Farage and Le Pen ally Jordan Bardella unveil ‘memorandum’ to stop illegal migration to the UK » — Sky News (44 000 de vues sur YouTube au 07/09/2026)

En bref

  • Selon Libération (4 septembre), Jordan Bardella aurait lancé « C’est elle ou moi » et quitté le bureau exécutif du RN du lundi 31 août, après que Marine Le Pen a proposé de faire parler sa nièce Marion Maréchal aux journées parlementaires du parti, le 12 septembre au Touquet. Il s’agit d’un propos rapporté, que l’intéressé conteste.
  • Jordan Bardella a démenti samedi 5 septembre, lors d’un déplacement en Italie : « Ça va très très bien je vous rassure. Je la soutiens à 2 000 % », des propos rapportés par BFMTV.
  • Ce lundi 7 septembre, le porte-parole du RN Philippe Ballard a décrit sur RMC « un duo formidable qui fonctionne merveilleusement bien » ; Europe 1 titre de son côté sur un « total accord » entre les deux dirigeants.
  • En parallèle, le protocole d’accord migratoire signé le 4 septembre par Jordan Bardella avec Nigel Farage (Reform UK) — un texte symbolique et non contraignant — est critiqué de Jean-Luc Mélenchon à Gabriel Attal.

Ce que rapporte Libération — et le statut de ce récit #

Le point de départ est un article publié par Libération le vendredi 4 septembre, intitulé « « C’est elle ou moi » : le retour de Marion Maréchal fait dérailler le duo Le Pen-Bardella ». Selon le quotidien, dont le récit a été repris notamment par La Dépêche du Midi, Marine Le Pen aurait souhaité mettre davantage en avant sa nièce Marion Maréchal, en lui proposant de prendre la parole aux journées parlementaires du RN, organisées le samedi 12 septembre au Touquet (Pas-de-Calais). Toujours selon Libération, Jordan Bardella aurait alors quitté le bureau exécutif du parti, le lundi 31 août, en lâchant : « C’est elle ou moi ».

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Un point de méthode s’impose : cette phrase est une citation rapportée par la presse, issue de sources internes non nommées. Elle n’a été ni confirmée publiquement par Jordan Bardella, ni filmée, ni enregistrée — et l’intéressé conteste l’épisode. Elle doit donc se lire comme une information de Libération, pas comme un fait établi.

Les démentis : qui a répondu, quand, et en quels termes #

La réponse est venue en deux temps, et elle est nommée et datée. Samedi 5 septembre, interrogé lors d’un déplacement en Italie sur les tensions rapportées par Libération, Jordan Bardella a répondu qu’il n’y en avait « pas du tout » : « Ça va très très bien je vous rassure. Je la soutiens à 2 000 % », a-t-il déclaré au sujet de Marine Le Pen, des propos rapportés par BFMTV et repris par l’AFP et 6Medias. Le même jour, sur BFMTV, il a évoqué « une affinité politique et personnelle indéfectible » avec la candidate, et écrit sur X : « Je suis loyal à Marine Le Pen […] nous allons faire campagne ensemble jusqu’à la victoire. »

Ce lundi 7 septembre, c’est le porte-parole du parti, le député RN de l’Oise Philippe Ballard, qui a poursuivi sur RMC : le RN a, selon lui, « un duo formidable qui fonctionne merveilleusement bien. On aura bientôt Le Pen à l’Élysée et Bardella à Matignon », tout en précisant : « On fait campagne comme si on était à 15 % ». Sur Europe 1, le même jour, ses propos ont été titrés ainsi : « Marine Le Pen et Jordan Bardella sont en total accord ». À noter : Marine Le Pen n’a pas réagi publiquement à ce jour, ni sur l’épisode rapporté par Libération, ni sur l’accord signé au Royaume-Uni, relèvent RMC et La Dépêche.

L’accord signé avec Nigel Farage : ce que contient le texte, ce qu’il n’est pas #

Le second dossier du week-end est distinct, mais il nourrit le même débat sur la ligne du parti. Vendredi 4 septembre, au Royaume-Uni, en marge du congrès de Reform UK, Jordan Bardella a signé avec Nigel Farage un protocole d’accord sur l’immigration. Le texte prévoit, dans l’hypothèse où les deux partis arriveraient au pouvoir dans leurs pays respectifs, que les migrants tentant de traverser la Manche et interceptés dans les eaux britanniques soient ramenés en France, avant, selon les termes rapportés par RMC, « d’être reconduits dans leur pays d’origine ».

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Sa portée doit être précisée : il s’agit d’un engagement politique entre deux partis d’opposition, pas d’un traité entre la France et le Royaume-Uni. Le document est symbolique et non contraignant, et il devrait en tout état de cause respecter le droit d’asile, les procédures individuelles et les accords existants entre gouvernements, souligne franceinfo. Défendant le texte ce lundi sur RMC, Philippe Ballard a expliqué : « Ceux qui arrivent au Royaume-Uni y seront détenus et expulsés par les autorités britanniques. Ceux qui sont dans la Manche où ils risquent de s’y noyer, on va les secourir », présentant l’accord comme un « signal » adressé aux réseaux de passeurs. Face aux critiques, y compris dans la presse britannique, il a estimé : « Une très grande partie de la presse se déchaîne contre nous, mais c’est normal parce qu’on a créé une vraie dynamique ».

Les critiques, elles, sont transpartisanes. Le candidat Renaissance Gabriel Attal a jugé que « Jordan Bardella s’est fait rouler dans la farine », dénonçant « une capitulation totale des intérêts de la France » ; le candidat LR Bruno Retailleau a fustigé de l’« amateurisme » (« En cas de succès de Marine Le Pen il serait Premier ministre, franchement ça fait peur ») ; Jean-Luc Mélenchon a dénoncé, lors d’un discours à Lille, des « propos lamentables », et Éric Zemmour a également critiqué le texte, rapporte RMC. Autre polémique parallèle relevée par La Dépêche : les propos du député RN Louis Aliot, qui a dit vouloir « couper le robinet » des aides à l’Ukraine en cas de victoire du parti.

Chronologie : une semaine au Rassemblement national #

Date Fait Source
Lundi 31 août Bureau exécutif du RN : Jordan Bardella aurait quitté la réunion en lançant « C’est elle ou moi » — épisode rapporté, démenti par l’intéressé Libération
Vendredi 4 septembre Publication de l’article de Libération ; le même jour, signature du protocole d’accord migratoire avec Nigel Farage au congrès de Reform UK Libération ; franceinfo, Sky News
Samedi 5 septembre Démenti de Jordan Bardella en Italie (« Je la soutiens à 2 000 % ») et sur BFMTV (« affinité politique et personnelle indéfectible ») BFMTV, AFP/6Medias
Week-end des 5-6 septembre Critiques transpartisanes de l’accord Bardella-Farage, de Jean-Luc Mélenchon à Gabriel Attal franceinfo, RMC
Lundi 7 septembre Philippe Ballard défend l’accord et l’entente Le Pen-Bardella sur RMC et Europe 1 ; silence public de Marine Le Pen à ce stade RMC, Europe 1
À venir : 12-13 septembre Journées parlementaires du RN au Touquet le samedi 12 ; rentrée politique de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont le dimanche 13, en présence de Jordan Bardella Compte X de Marine Le Pen (2 sept.), La Dépêche

Et Marion Maréchal, dans tout cela ? #

Au centre du récit de Libération, Marion Maréchal ne s’est pas exprimée publiquement sur cet épisode à la date de publication de cet article. Un point factuel mérite d’être posé clairement : elle n’est pas candidate à l’élection présidentielle de 2027 — ni candidature déclarée, ni candidature recensée comme « pressentie » par la presse. Ce que les articles de ces derniers jours appellent son « retour » désigne la place que Marine Le Pen souhaiterait lui donner dans la campagne, à commencer, selon Libération, par une prise de parole aux journées parlementaires du Touquet. La candidate du RN reste Marine Le Pen, déclarée et en tête des dernières intentions de vote — le point complet, candidat par candidat, est à jour sur notre page de référence consacrée à la présidentielle 2027 : date, candidats déclarés et pressentis, et le parcours de la candidate est détaillé dans notre portrait de Marine Le Pen.

Questions fréquentes #

Jordan Bardella a-t-il vraiment dit « C’est elle ou moi » ?

La phrase est rapportée par Libération, qui l’attribue à Jordan Bardella lors du bureau exécutif du RN du 31 août, sur la foi de sources internes. Le président du RN dément l’épisode et conteste la fiabilité des informations du quotidien. En l’état, il s’agit d’un propos rapporté et contesté, pas d’un fait établi.

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Que prévoit l’accord signé entre Jordan Bardella et Nigel Farage ?

Signé le 4 septembre 2026 au congrès de Reform UK, ce protocole d’accord prévoit — si les deux partis arrivaient au pouvoir — que les migrants interceptés dans les eaux britanniques en traversant la Manche soient ramenés en France avant d’être reconduits dans leur pays d’origine. Le texte est symbolique et non contraignant : c’est un engagement entre deux partis d’opposition, pas un traité entre États.

Marion Maréchal est-elle candidate à la présidentielle 2027 ?

Non. Elle n’a déclaré aucune candidature et n’est pas recensée parmi les candidats pressentis. Les tensions rapportées par la presse portent sur la place que Marine Le Pen — candidate déclarée du RN — souhaiterait lui donner dans sa campagne.

À retenir

Deux fils distincts se croisent : un épisode de tensions internes rapporté par Libération autour de la place de Marion Maréchal — démenti par Jordan Bardella puis par Philippe Ballard, et sur lequel Marine Le Pen garde le silence — et un protocole d’accord migratoire symbolique signé avec Nigel Farage, critiqué de la gauche à la droite. Les prochains rendez-vous publics du parti, les 12 et 13 septembre au Touquet puis à Hénin-Beaumont, diront si le tandem s’affiche de nouveau ensemble.

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Sources : Libération, 4 septembre 2026 ; La Dépêche du Midi, 7 septembre 2026 ; 6Medias/BFMTV via Orange Actualités, 5-6 septembre 2026 ; RMC, 7 septembre 2026 ; Europe 1, 7 septembre 2026 ; franceinfo, 6 septembre 2026.

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