Emma Bonino est morte à 78 ans : fondatrice de +Europa et figure historique des droits civils en Italie

Emma Bonino est morte ce vendredi 11 septembre 2026 à Rome, à l’âge de 78 ans, a annoncé son parti +Europa dans la matinée. Fondatrice de cette formation et figure historique du Parti radical italien, elle était hospitalisée depuis le lundi 7 septembre à l’hôpital Santo Spirito de Rome pour une insuffisance respiratoire, avant d’être transférée jeudi dans une clinique privée de la capitale, où elle s’est éteinte. Avec elle disparaît l’un des visages les plus reconnaissables de plus d’un demi-siècle de vie politique italienne et européenne, associée aux grandes batailles pour l’avortement, le divorce et les droits humains.

En bref #

  • Emma Bonino est morte ce vendredi 11 septembre 2026 à Rome, à 78 ans ; l’annonce a été faite par son parti, +Europa.
  • Hospitalisée en urgence lundi 7 septembre à l’hôpital Santo Spirito pour une insuffisance respiratoire, elle avait été transférée la veille de sa mort dans une clinique privée romaine.
  • Figure historique du Parti radical, elle fut commissaire européenne (1995-1999), ministre du Commerce international (2006-2008) puis ministre des Affaires étrangères (2013-2014).
  • Elle avait surmonté un cancer du poumon diagnostiqué en 2015, dont elle s’était déclarée guérie en 2023.

L’annonce de +Europa, au terme de quatre jours d’hospitalisation #

C’est le parti qu’elle avait contribué à fonder qui a officialisé la nouvelle vendredi matin. « Emma ci ha lasciati ma non ci lascerà mai » — « Emma nous a quittés, mais elle ne nous quittera jamais » —, a écrit +Europa dans son communiqué, saluant « l’une des protagonistes les plus lucides, courageuses et libres de l’histoire politique » du pays.

Selon la presse italienne, l’ancienne ministre avait été admise en urgence le lundi 7 septembre à l’hôpital Santo Spirito de Rome, victime d’une grave insuffisance respiratoire, et était passée par les soins intensifs. Jeudi 10 septembre, elle avait été transférée dans une structure privée de la capitale, où elle est morte le lendemain matin.

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Sa santé était fragile de longue date : en janvier 2015, elle avait révélé publiquement être atteinte d’un cancer du poumon, dont elle s’était déclarée guérie en 2023. Cette disparition survient quelques jours après celle de l’ancien Premier ministre français Édouard Balladur, mort à 97 ans : en moins de deux semaines, l’Europe perd deux témoins majeurs de sa vie politique récente.

Un parcours hors norme, de Bra aux plus hautes fonctions #

Née le 9 mars 1948 à Bra, dans le Piémont, diplômée en langues de l’université Bocconi de Milan, Emma Bonino bascule très tôt dans le militantisme. En 1975, elle fonde le CISA, centre d’information sur la stérilisation et l’avortement, qui pratique la désobéissance civile pour faire bouger la loi italienne. Dès 1976, elle est élue députée sous les couleurs du Parti radical, aux côtés de Marco Pannella, et sera réélue à plusieurs reprises.

Sa carrière se déploie ensuite sur deux scènes à la fois, Rome et Bruxelles. Quelques repères :

  • 1979-1988 puis 1999-2006 : députée européenne, élue dès la première élection du Parlement européen au suffrage universel.
  • 1995-1999 : commissaire européenne, chargée notamment de l’aide humanitaire (ECHO), de la pêche et de la politique des consommateurs.
  • 2006-2008 : ministre du Commerce international et des Politiques européennes du gouvernement Prodi, puis vice-présidente du Sénat de 2008 à 2013.
  • 2013-2014 : ministre des Affaires étrangères du gouvernement d’Enrico Letta, d’avril 2013 à février 2014.

En décembre 2017, elle lance +Europa, formation libérale et pro-européenne dont elle devient la figure de proue, et retrouve le Sénat de 2018 à 2022. Jusqu’à ses dernières apparitions publiques, elle est restée une voix écoutée sur l’Europe, les migrations et les libertés.

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Avortement, divorce, peine de mort : des combats qui ont changé l’Italie #

Le nom d’Emma Bonino reste d’abord attaché aux campagnes qui ont transformé la société italienne des années 1970, dans un pays alors profondément marqué par l’influence de l’Église. Avec le Parti radical, elle est en première ligne des batailles référendaires autour du divorce, puis du combat pour la légalisation de l’avortement, obtenue en 1978. Le CISA qu’elle avait fondé assumait ouvertement l’illégalité pour contraindre le législateur à agir.

Son engagement dépasse ensuite largement les frontières italiennes : campagnes contre la peine de mort et contre la faim dans le monde, défense des droits des femmes et de la laïcité, promotion d’une justice pénale internationale. Comme commissaire européenne à l’aide humanitaire, elle porte la réponse de l’Union sur les grands terrains de crise des années 1990. Européenne convaincue, elle a plaidé sans relâche pour des politiques migratoires fondées sur les droits fondamentaux, un sujet toujours brûlant sur le continent, comme le rappellent les tensions récentes autour de l’enclave espagnole de Ceuta.

Les hommages d’une classe politique unanime #

Dès l’annonce de sa mort, les réactions ont afflué de tous les bords politiques italiens. La présidente du Conseil Giorgia Meloni, pourtant aux antipodes de ses positions, a salué une voix « forte et reconnaissable » de la vie publique italienne, soulignant que leurs différences ne l’avaient jamais empêchée de reconnaître l’importance de son rôle dans l’histoire du pays.

Au-delà des frontières, les dépêches internationales la présentent comme la femme qui a mené « les batailles de l’avortement et du divorce qui ont changé l’Italie ». Son parti, +Europa, dont elle était restée la référence morale, a promis de poursuivre ses combats. Elle laisse dans le deuil sa sœur Domenica, son frère Giovanni et leurs enfants.

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Mini-FAQ #

De quoi est morte Emma Bonino ?

Emma Bonino est morte le 11 septembre 2026 dans une clinique privée de Rome, après avoir été hospitalisée le lundi 7 septembre à l’hôpital Santo Spirito pour une grave insuffisance respiratoire. Elle avait par ailleurs surmonté un cancer du poumon diagnostiqué en 2015.

Quelles grandes fonctions a-t-elle occupées ?

Députée dès 1976, elle fut commissaire européenne de 1995 à 1999, ministre du Commerce international et des Politiques européennes de 2006 à 2008, vice-présidente du Sénat de 2008 à 2013, puis ministre des Affaires étrangères d’Italie de 2013 à 2014. Elle a fondé le parti +Europa en 2017.

Pourquoi est-elle considérée comme une figure des droits civils ?

Militante du Parti radical, fondatrice du CISA en 1975, elle a joué un rôle central dans les campagnes qui ont conduit à la légalisation de l’avortement en Italie en 1978, ainsi que dans les combats pour le divorce, contre la peine de mort et pour les droits des femmes et des migrants.

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À retenir #

  • Emma Bonino, fondatrice de +Europa et figure historique du Parti radical italien, est morte ce vendredi 11 septembre 2026 à Rome, à 78 ans.
  • Hospitalisée depuis le 7 septembre pour une insuffisance respiratoire, elle s’est éteinte dans une clinique privée où elle avait été transférée la veille.
  • Commissaire européenne, ministre des Affaires étrangères, pionnière des combats pour l’avortement et le divorce : son empreinte sur l’Italie et sur l’Europe dépasse largement les partis qu’elle a servis.

Sources : AGI, LaPresse, Il Giornale d’Italia, Tgcom24.

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