À quelques jours du scrutin du mardi 3 novembre, les élections américaines de mi-mandat sont en passe de battre un record que personne n’avait vu venir il y a deux ans. Pour la première fois, une campagne sans élection présidentielle pourrait coûter plus cher en publicité politique qu’une présidentielle. Les derniers relevés de la société AdImpact, qui suit les achats d’espaces publicitaires aux États-Unis, donnent la mesure du phénomène.
Plan de l'article
Plus de 10 milliards de dollars déjà dépensés #
Selon le Deseret News, qui s’appuie sur les données d’AdImpact, les dépenses publicitaires du cycle électoral 2026 ont officiellement dépassé les 10 milliards de dollars la semaine du 19 octobre. Le total final est attendu autour de 11,6 milliards de dollars.
Ce chiffre correspond à la projection publiée par AdImpact dans sa mise à jour de mi-cycle. Il ferait de 2026 le cycle le plus coûteux jamais enregistré. Les points de comparaison sont parlants : le précédent record pour des midterms remonte à 2022, avec 8,9 milliards de dollars, et le cycle présidentiel de 2024 avait atteint 11,2 milliards.
Le journal de Salt Lake City souligne un autre ordre de grandeur. Les 10 milliards déjà engagés dépassent les recettes publicitaires de la NFL sur toute la saison 2025-2026 de football américain.
La télévision reste reine, le streaming progresse #
Malgré l’essor des réseaux sociaux, l’argent des campagnes va encore d’abord à la télévision classique. D’après AdImpact, la télévision hertzienne devrait capter 5,6 milliards de dollars, soit 48 % du total du cycle. C’est 330 millions de plus que dans sa projection de septembre 2025.
La télévision connectée (les publicités diffusées sur les plateformes de streaming) reste le support qui progresse le plus vite. AdImpact a relevé sa prévision de 2,5 à 2,7 milliards de dollars, soit environ 23 % des dépenses. Le numérique, c’est-à-dire Facebook, Google, Snapchat et X, est estimé à 1,6 milliard de dollars, en hausse de 9 % par rapport à la première projection.
Le Sénat, champ de bataille le plus cher #
La flambée s’explique d’abord par la bataille pour le contrôle du Congrès. Les deux chambres sont en jeu, et plusieurs courses que l’on pensait jouées sont devenues serrées. Pour les seules élections sénatoriales, AdImpact a relevé sa projection de 2,8 à 3,4 milliards de dollars. C’est 48 % de plus qu’en 2022 et 27 % de plus qu’en 2024.
L’Ohio en tête, devant le Texas et le Maine
Selon le Deseret News, la course sénatoriale de l’Ohio est la plus chère de l’histoire pour le Sénat. Elle représente à elle seule environ 22 % de toutes les dépenses des élections générales sénatoriales de ce cycle, et c’est déjà l’élection non présidentielle la plus coûteuse jamais enregistrée.
Le Texas arrive en deuxième position, avec 324,7 millions de dollars dépensés pour l’élection générale à la date du relevé. Le Maine suit avec 199 millions. AdImpact attribuait déjà sa révision à la hausse à ces deux États : 288 millions de dollars de plus attendus au Texas et 185 millions de plus dans le Maine, en raison d’une campagne sénatoriale lancée tôt.
Le Kansas crée la surprise. Le siège du sénateur républicain Roger Marshall, longtemps considéré comme sûr, est devenu incertain. Il a déjà attiré 44,3 millions de dollars de dépenses, selon le quotidien.
Pourquoi les midterms coûtent désormais autant qu’une présidentielle #
Plusieurs mécanismes se combinent. La Chambre des représentants et le Sénat sont tous deux disputés, et quelques sièges peuvent suffire à faire basculer le Congrès. Chaque circonscription disputée devient donc un enjeu national, et les partis comme les comités d’action politique y concentrent leurs moyens.
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À cela s’ajoutent les élections locales et celles des États. Le total d’AdImpact couvre l’ensemble du cycle : postes de gouverneurs, procureurs, sièges dans les assemblées des États et référendums locaux, en plus des courses pour le Congrès. Pour les seuls scrutins locaux dits « downballot », la société prévoit environ 3 milliards de dollars, un record pour un cycle.
Enfin, la multiplication des supports gonfle mécaniquement la facture. Une campagne doit aujourd’hui être présente à la fois sur les chaînes locales, sur les plateformes de streaming et sur les réseaux sociaux pour toucher l’ensemble de l’électorat.
Ce qu’il faudra regarder le 3 novembre #
Ces montants ne disent rien du résultat. De gros budgets publicitaires n’ont jamais garanti une victoire, et les prévisions sur la majorité de chaque chambre changent presque chaque semaine, note le Deseret News. Ils montrent en revanche l’importance que les deux camps accordent à ce scrutin. Il décidera si le président Donald Trump garde un Congrès favorable pour la seconde moitié de son mandat ou s’il doit composer avec une opposition majoritaire dans au moins une des deux chambres.
Les derniers jours de campagne devraient encore faire grimper le compteur. Le total définitif ne sera connu qu’après le scrutin, quand AdImpact publiera son bilan du cycle.
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