Les dirigeants de la Francophonie se retrouvent les 15 et 16 novembre à Phnom Penh, avec un enjeu qui dépasse le simple rendez-vous diplomatique : choisir qui dirigera l’organisation, peut-être par un vote, ce que l’institution n’a jamais connu.
- Le 20e Sommet de la Francophonie se tient pour la première fois au Cambodge.
- Quatre candidatures sont en lice pour un mandat de 2027 à 2030.
- Le scrutin est prévu à huis clos le 16 novembre.
- Faute de consensus, un vote à bulletin secret départagera les candidats.
Plan de l'article
Qui se présente à la tête de l’OIF ? #
Quatre noms sont en course pour le secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie. Rezo Nodwes cite la Mauritanienne Coumba Ba, le Roumain Dacian Cioloș, la Congolaise Juliana Lumumba et la Rwandaise Louise Mushikiwabo, secrétaire générale sortante.
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Leurs projets ne se ressemblent pas. Le Petit Journal, qui a comparé leurs auditions de juin, décrit une sortante décidée à amplifier ce qu’elle a engagé depuis 2019 : gouvernance, rationalisation des programmes, missions économiques, numérique. En face, Coumba Ba veut renforcer le rôle politique de l’organisation, Dacian Cioloș la replacer dans les grands débats internationaux et Juliana Lumumba la tourner davantage vers les citoyens et les territoires.
Le candidat roumain joue une carte particulière. Jeune Afrique, qui le présente comme un candidat sérieux à quelques semaines de l’échéance, lui consacre un article dont le titre résume l’argument : son « avantage » serait de venir d’un pays qui n’est pas source de tensions. La formule prend son relief dans une course où l’attention s’était d’abord portée sur le duel entre la sortante rwandaise et la candidate congolaise.
Pourquoi cette élection sort-elle de l’ordinaire ? #
Parce que l’organisation s’est longtemps passée de vote. Depuis la création du poste en 1997, la désignation reposait surtout sur des consultations diplomatiques destinées à dégager un consensus, rappelle Rezo Nodwes. Un règlement adopté en 2022 a formalisé la procédure : appel à candidatures, critères de recevabilité, auditions, puis élection par les chefs d’État et de gouvernement.
Le consensus reste privilégié. Mais en l’absence d’accord, un vote à bulletin secret est prévu, la candidature arrivée en tête l’emporte, et de nouveaux tours sont organisés en cas d’égalité. Jeune Afrique relevait dès juin que le sommet pourrait déboucher sur un vote des États membres, ce qui serait une première dans l’histoire de l’OIF.
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Les auditions du 30 juin à Paris marquaient déjà une rupture. Elles ont été diffusées sur la chaîne YouTube de l’organisation, ce qui a permis de comparer les projets dans un format identique. Pour une institution habituée aux tractations de couloir, le changement de méthode n’a rien d’anecdotique.
Que doit décider le sommet, en dehors de cette élection ? #
Les dirigeants se réunissent autour du thème « Réinvestir dans la paix pour une prospérité partagée et une stabilité durable ». La Conférence ministérielle se tient le 14 novembre, juste avant l’ouverture. Le sommet doit ensuite aboutir à l’adoption d’une Déclaration de Phnom Penh et de plusieurs résolutions, sur l’éducation, la jeunesse, l’égalité entre les femmes et les hommes, l’innovation numérique, l’environnement, la gouvernance démocratique et l’accès à une information fiable.
L’organisation compte 90 États et gouvernements, dont 53 membres de plein droit. Le Québec fait partie de ces derniers et compte s’en servir : le communiqué publié le 30 octobre annonce que le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon fera le déplacement du 12 au 17 novembre, avec la promotion de la langue française parmi ses priorités.
Pourquoi le Cambodge ? #
Le symbole est géographique autant qu’historique. C’est la première fois que le royaume accueille ce rendez-vous, et la première fois que le sommet revient en Asie du Sud-Est depuis Hanoï, en 1997. Il devait d’abord se tenir à Siem Reap, avant que le ministère cambodgien des Affaires étrangères ne confirme en février son déplacement à Phnom Penh, pour garantir des conditions d’organisation optimales.
Le pays conserve une trace du protectorat français, établi en 1863 et achevé par l’indépendance de 1953. Cambodge Mag estime à 463 000 le nombre de francophones, soit environ 3 % de la population, et à quelque 1 400 le nombre de mots d’origine française encore présents dans le khmer courant.
Le rendez-vous se veut aussi économique et populaire. Le même éditorial annonce FrancoTech et le 6e Rendez-vous des entrepreneurs francophones du 14 au 16 novembre, ainsi qu’un Village de la Francophonie ouvert du 13 au 17 novembre, avec pavillons nationaux, expositions et spectacles.
Questions fréquentes #
Quand se tient le sommet de la Francophonie 2026 ?
Les 15 et 16 novembre 2026 à Phnom Penh, précédé de la Conférence ministérielle du 14 novembre.
Combien de candidats briguent le poste de secrétaire général ?
Quatre : Coumba Ba, Dacian Cioloș, Juliana Lumumba et la sortante Louise Mushikiwabo, pour un mandat de 2027 à 2030.
Comment le secrétaire général sera-t-il désigné ?
Par les chefs d’État et de gouvernement, à huis clos le 16 novembre. Le consensus est privilégié, avec un vote à bulletin secret en l’absence d’accord.




